Le coup de bill’art du Soir: Sidji Yaya youpee youpee ya !

Lesoir; le Mercredi 2 Decembre 2015
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Par Kader Bakou
L’avenue Sidi-Yahia, comme dirait Robert Charlebois, commence par une
queue, puis finit par un bec. Cette célèbre artère d’Alger commence à
Birmandreis où on prononce Sidi Yahia avec un grand «heu» et fini en «Sidji
Yaya» à Hydra (sans «H» également).
Côté Birmandreis de Sidi-Yahia, des mendiants sont assis à quelques
mètres les uns des autres. La jeune femme syrienne parle en arabe.
«Qu’Allah vous bénisse !» dit-elle en direction des rares passants en ce
début de soirée hivernale. Quelques mètres plus loin, une femme avec
enfants malienne (ou nigérienne) parle dans sa langue maternelle. Elle
dit certainement la même chose que la Syrienne puisqu’on entend le nom
d’Allah dans sa phrase.
Une centaine de mètres plus loin vers Hydra, une joyeuse discussion dans
une langue inconnue et des éclats de rires francs et sincères se font
entendre derrières nous. Trois jeunes hommes de type asiatique nous
dépassent, toujours en riant et en plaisantant. Des Chinois ? Des
Mongoles ? Ils sont habillés à «l’occidentale», jeans et blouson en cuir
noir, notamment. De grandes tailles, ils ont l’air sportif. Leurs
visages font penser à Jackie Chan, pas à «l’homo socialistus» chinois, à
l’air paysan.
Ces trois jeunes et beaux gaillards respirant la santé et la joie de
vivre sont peut- être de Hong Kong ou des «nouveaux Chinois» que le
capitalisme dirigé a «embourgeoisé» et «anobli» les traits. Dans cette
partie de l’avenue Sidi-Yahia, ils sont comme trois gouttes de bonne
humeur dans un océan de morosité. Mais pourquoi les Algérois sont
presque toujours de mauvaise humeur ? C’est «spécifique», mais ce n’est
pas politique. C’est une question de culture. Dans ce monde, comme dans
une célèbre bande dessinée, il y a les «tristus» et les «rigolus».
K  B. 
bakoukader@yahoo.fr

Categorie(s): culture

Auteur(s): Par Kader Bakou

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