LE MAÎTRE INDIEN DU SITAR N’EST PLUS: Ravi Shankar, le Mozart du sitar et «parrain» de la World Music

Lesoir; le Jeudi 13 Decembre 2012
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Le maître indien du sitar, Ravi Shankar, qui a influencé de nombreux artistes occidentaux, dont Les Beatles et les Rolling Stones, est décédé à l'âge de 92 ans, a appris l’AFP mercredi de source officielle. Ravi Shankar, père de la chanteuse de jazz Norah Jones, est décédé dans un hôpital de San Diego, aux Etats-Unis, où il s'était rendu pour subir une intervention chirurgicale, a indiqué la chaîne de télévision indienne CNN-IBN.
Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a fait part de sa tristesse et évoqué la perte d’«un trésor national et d'un ambassadeur mondial de l'héritage culturel de l'Inde». Ravi Shankar, qui vivait en Californie, était né dans la ville sacrée de Bénarès, sur les bords du Gange, le 7 avril 1920. Il venait d'une famille de brahmanes, la plus haute caste dans la société hindoue. George Harrison, des Beatles, devint son élève dans les années 1960, et tous deux collaborèrent ensuite sur plusieurs projets, notamment lors d'un concert pour le Bangladesh en 1971. George Harrison avait surnommé Ravi Shankar «le parrain de la World Music». Ravi Shankar, surnommé le Mozart du sitar par le violoniste Yehudi Menuhin, avait popularisé la musique classique indienne à l'étranger en grande partie grâce à sa collaboration avec le guitariste des Beatles, George Harrison.Son extraordinaire carrière musicale le mena des rives du Gange sous l'ère coloniale britannique aux festivals de Monterey et Woodstock, où il joua avec des «monstres» comme Janis Joplin et Jimy Hendrix. Au sommet de sa célébrité, à la fin des années 1960, lorsqu'il était l'enfant chéri du mouvement hippy en pleine recherche d'originalité et d'effets exotiques mystérieux, il fut décrit comme «le musicien indien le plus célèbre de la planète». Ravi Shankar avait enseigné l'art du sitar au plus jeune membre des Beatles dans les années 1960, et il collabora avec lui sur plusieurs projets, comme lors d'un concert de bienfaisance pour le Bangladesh en 1971, pour venir en aide aux réfugiés lors de la lutte pour l'indépendance du pays. George Harrison l'avait surnommé le «parrain de la World Music». Ravi Shankar débuta très jeune sa carrière d'artiste en intégrant la troupe de danse de son frère aîné, Uday, et en participant aux tournées en Europe, mais il revint en Inde à la fin des années 1930 pour étudier le sitar, le luth à manche long, avec l'illustre musicien Allaudin Khan. En 1941, il épousa en premières noces la fille de Khan, Annapurna Devi, dont il eut un fils, Shubendhra. Le couple se sépara par la suite et Shubendhra, qui jouait aussi du sitar, mourut en 1992. Son histoire sentimentale avec une productrice new-yorkaise de concerts, Sue Jones, lui donna une fille, Norah Jones, aujourd'hui célèbre chanteuse de jazz et de popfolk à la carrière internationale. Il eut plus tard un troisième enfant, Anoushka Shankar, avec sa seconde épouse, Sukanya Rajan. Anoushka est elle-même devenue une joueuse de sitar accomplie et elle s'est fréquemment produite avec son père, qui donna son dernier concert le 4 novembre en Californie. Shankar avait commencé à attirer l'attention de musiciens étrangers après avoir été présenté au violoniste américain Yehudi Menuhin au début des années 1950. Il entama alors des tournées en Europe et aux Etats-Unis et sortit en 1955 son premier long album Three Ragas.Parmi les grands noms de la musique contemporaine ayant été influencés par son art, figurent les Byrds, dont le titre de 1965 Eight Miles High porte la marque des sons hypnotiques de Shankar. La même année, Harrison, qui avait acheté un sitar sur un coup de tête, joue de cet instrument à cordes pincées sur le titre Norwegian Wood. Le guitariste rencontra le musicien l'année suivante puis se rendit en Inde, où le maître lui enseigna son art. Brian Jones, des Rolling Stones, utilisa également le sitar sur le célébrissime Paint It, Black, sorti en 1966. Durant cette période, les rencontres se multiplient et donnent lieu à des collaborations inattendues, comme avec le violoniste classique Yehudi Menuhin ou le flûtiste Jean- Pierre Rampal. Shankar, qui fut membre du parlement indien de 1986 à 1992, estimait que sa plus grande réussite était d'aider le public occidental à mieux comprendre la musique classique indienne. Mais selon lui, les Indiens n'approuvaient pas toujours son association avec des stars occidentales et il avouait aussi que sa notoriété le mettait mal à l'aise. «Lorsque j'ai commencé à travailler avec George Harrison, je suis un peu devenu une pop-star moi-même. Partout où j'allais, on me reconnaissait. Je n'aimais pas du tout cela», confiait-il dans un entretien au quotidien britannique The Gardianen juin 2011.

Categorie(s): culture

Auteur(s): lesoir

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