LE MINISTRE DES FINANCES L’A ANNONCÉ: Vers la révision de la politique des subventions

Lesoir; le Jeudi 26 Novembre 2015
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Le gouvernement envisage de réviser, dans les
prochaines années, sa politique de subvention des prix de façon à ce
qu'elle cible les catégories sociales qui en ont le plus besoin.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - «Nous avons commencé à réfléchir au
niveau du gouvernement que d'ici une, deux ou trois années, nous irons
vers un ciblage des subventions» a, en effet, affirmé le ministre des
Finances, hier mercredi, dans ses réponses aux députés à la fin des
débats autour du projet de la loi de finances 2016. Des députés, ceux de
l’opposition notamment, auxquels se sont joints nombre de leurs
collègues du FLN qui n’ont pas, le long de trois jours de débats, cessé
de dénoncer les hausses prévues des tarifs de consommation de l’énergie
électrique et des carburants, exigeant, pour certains d’entre eux, leur
annulation purement et simplement. Car pour Abderrahmane Benkhalfa, il y
a nécessité de revoir progressivement la politique sociale pour laquelle
le pays a consacré, malgré la chute des prix du pétrole, la bagatelle de
19 milliards de dollars au titre des transferts sociaux, et aller par
étape d’un système de subventions généralisées à un autre système de
subventions ciblées». Et d’annoncer, dans ce sillage, l’impérative
élaboration d’un recensement des personnes les plus démunies à même de
bénéficier de ces subventions. Car, ajoutera-t-il, «les aides devront
être destinées à ceux qui en ont besoin».
Un ciblage qui a été également la ligne directrice des dispositions du
projet de loi de finances 2016 qui prévoient des hausses des tarifs des
produits énergétiques. Des hausses «étudiées» qui épargnent les «couches
les plus défavorisées», soutenant que les agriculteurs vont bénéficier
d'un remboursement sur ces augmentations et que 9 millions de ménages
n'allaient pas directement être touchés par l'augmentation des prix de
l’électricité.
Le ministre des Finances s’est, pour appuyer encore cette perspective de
cibler les subventions, fait sienne l’une des recommandations du Cnes
dans son dernier rapport de conjoncture, portant impérative révision de
la politique des subventions au vu de la conjoncture induite par une
chute drastique des revenus des hydrocarbures.
Une étape «cruciale, mais prometteuse puisque nous ayant permis de
sortir du conformisme et de l’unanimisme vers un débat sur le
développement et pas sur la stagnation», ajoutera Benkhalfa pour qui le
PLF2016 sauvegarde les grands équilibres et les politiques sociales et
de solidarité et mobilise de nouvelles ressources».
Benkhalfa insistera sur la nécessaire mobilisation des ressources
nationales pour nous protéger de l’endettement extérieur, affirmant dans
la foulée, que le manque à gagner induit par la chute des recettes
pétrolières a été partiellement amortie par l’épargne nationale dans ses
divers segments, évaluant à près de 5 000 milliards de dinars mobilisés
en 2015.
Cet argumentaire du ministre des Finances, s’il a convaincu les députés
de la majorité parlementaire (FLN-RND), n’a pas été sans susciter les
réserves, voire l’indignation des députés de l’opposition.
Ceux du PT principalement dont une considère que «la revue de la
politique des subventions n’est que le retour à l’indigénat» alors que,
ajoutera-t-elle, «il aurait été moins laborieux pour le gouvernement
d’inventorier les nouveaux multimilliardaires et leur appliquer une taxe
sur la fortune».
Du côté des députés islamistes, la perspective de pouvoir déposer son
argent sans intérêt évoquée par le ministre des Finances, a tempéré
quelque peu leur ardeur à dénoncer ce projet de loi de finances. Ceci
même s’ils soutiennent ne pas perdre espoir quant à la possibilité de
voir nombre de leurs amendements proposés, aboutir.
Ils affirment continuer à «travailler au corps» des députés de la
majorité à l’effet d’inverser la donne, ayant visiblement senti que la
«désapprobation» exprimée lors des débats n’était finalement
qu’éphémère, que la «récréation était terminée et qu’il était temps que
chacun rejoigne son camp comme si de rien n’était».
Car si des députés FLN ont fait preuve d’une audace inhabituelle le long
des quatre jours de débats, critiquant vertement certaines des
dispositions dudit projet, iront-ils jusqu’au bout, en signifiant leur
refus le jour du vote, lundi prochain ?
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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