Le projet adopté dans la douleur

Lesoir; le Mardi 1 Decembre 2015
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L’appel de cœur et de raison que la secrétaire
générale du PT a lancé la veille aux députés du FLN qui ont fait preuve
d’esprit de résistance pour faire échec au projet de loi de finances
2016 ou tout au moins certaines de ses dispositions portant, selon elle,
une empreinte oligarchique» n’a pas eu l’effet escompté.

M. Kebci - Alger (Le Soir) - Non seulement ledit projet de loi a
été adopté mais aucun des amendements proposés par l’opposition n’a été
retenu.
Le tout dans une ambiance «électrique» jamais enregistrée au niveau de
l’hémicycle Zighoud Youcef. «Aujourd’hui, l’oligarchie a réussi
parfaitement son coup d’Etat mais qu’elle sache qu’en semant la colère
dans la société, elle finira inévitablement par récolter la révolte de
cette dernière», résumait à la fin de la séance de vote, Ramdhane
Taâzibt, cadre dirigeant du PT.
Tout a commencé, en effet, quand le chef du groupe parlementaire du
parti que dirige Louisa Hanoune a demandé au président de l’APN qui
présidait la séance, un point d’ordre. Le refus de ce dernier sonnera
l’entame d’un mouvement de contestation jamais enregistré dans
l’hémicycle avec une anarchie indescriptible où tout était permis. D’où
un retard immense accusé dans l’entame de la séance de vote qui ne
démarrera que vers midi
L’occasion pour les députés de l’opposition, ceux du PT et de l’alliance
de l’Algérie verte de mettre à profit le temps qui leur était imparti à
l’effet d’expliquer leurs amendements tous refusés, pour vilipender ce
projet de loi et relever «l’empreinte flagrante de l’oligarchie et de
l’argent sale».
Et tout le monde attendait le tour de l’article tant controversé, le 71
qui a fait l’objet, selon l’opposition, d’un coup de force puisque
réintroduit après avoir été initialement rejeté non sans subir une
légère modification dans sa formulation, puisque gardant toute sa
philosophie.
Une appréhension amplement justifiée puisque juste à l’annonce dudit
article, les députés de l’opposition, qui jusqu’ici tournaient en
dérision leurs collègues du cercle présidentiel qui approuvaient
machinalement les articles l’un derrière l’autre, en criant ou en tapant
sur leurs pupitres, ont décidé d’agir autrement à cet instant. Ils ont,
dans un mouvement d’ensemble, quitté la plénière, laissant la majorité
présidentielle agir seule. Un retrait qui n’a pas été pour ébranler la
sérénité des députés du tandem FLN-RND qui ont poursuivi comme si de
rien n’était l’opération d’adoption des articles restants et du projet
de loi dans son ensemble.
Quant aux députés de l’opposition qui, dans une première, ont décidé
d’agir ensemble, ils étaient en conclave juste après pour étudier la
suite à donner à ce «coup d’Etat», comme ils le qualifient.
Avec, il est vrai, un brin de dépit devant la volteface des députés du
FLN qui, lors des débats et des travaux de la commission des finances,
ont été plus virulents qu’eux pour dénoncer certaines des dispositions
«antinationales et anticonstitutionnelles» avant de les adopter et
adopter le texte dans son ensemble sans coup férir.
Un texte qui selon ces députés dans un communiqué commun, «confirme
l’implication des hommes d’affaires et de l’argent sale», «consacre la
privatisation de l’État après celle du pouvoir», «annule le caractère
social de l’État et appauvrit le citoyen».
M. K.IL A LE PLUS FAIT PARLER DE LUI
Que stipule l’article 71 ?
Le tant controversé article 71 du projet de loi de
finances 2016 qui a le plus fait parler de lui, rejeté une première fois
par la commission des finances de l’APN avant d’être repêché dans le
rapport complémentaire du dit projet de loi, stipule que «des décrets
d’ajustement peuvent être pris sur le rapport du ministre chargé des
finances, en cours d’année, pour prendre en charge, par le gel ou
l’annulation de crédits destinés à la couverture de dépenses, une
situation d’ajustement nécessaire en cas de détérioration des équilibres
généraux». Ce que l’opposition refuse, y voyant un «accaparement par le
ministre des Finances de prérogatives du Parlement, voire celle du
président de la République qui signe ladite loi une fois adoptée par les
deux chambres du Parlement».
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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