Le rôle de la critique et sa place dans la société

Lesoir; le Lundi 3 Decembre 2012
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La critique est
un élément capital dans l’évolution et le progrès de la société
permettant de débattre toutes les questions qui s’imposent à l’esprit.
Elle joue un rôle prépondérant dans l’émancipation des mentalités des
citoyens, en contribuant à l’enrichissement du débat contradictoire dans
la société. La critique est l’une des pratiques qui permettent aux
sociétés de s’observer mutuellement et de vérifier si elles ont des
lacunes, maladresses ou des défauts. La critique est indispensable dans
tous les domaines de la vie, même si celle-ci risque parfois de prendre
un autre sens et d’être fausse, excessive, blessante ou vengeresse. Et
ceux qui parmi nous refusent d’être critiqués, se condamnent à demeurer
médiocre. La critique est une conduite seine et nécessaire. Elle
ressemble à une respiration provoquant la raison et suscitant le débat
dans la société. En revanche, si nous refusons le débat contradictoire
et écartant l’esprit critique ou nous nous interdisons la critique, nous
ne pourrons pas combler nos lacunes et corriger nos erreurs. Si nous
nous bornons à échanger des compliments ou des flatteries hypocrites,
nous plongeons dans la décadence et l’indigence intellectuelle qui
conduiront la société dans l’obscurantisme. Dans les pays démocratiques,
les citoyens jouissent généralement du droit de discuter et de critiquer
le système social, le régime politique, la religion, le président de la
République, le gouvernement, les partis politiques, les projets sociaux…
Rien dans ces pays ne peut échapper au débat contradictoire. Cela
n’empêche pas ces pays de demeurer stables et de vivre dans une harmonie
sociale. Par contre, dans notre pays, le pouvoir met des obstacles et
décrète des lois qui empêchent le débat et l’esprit critique dans la
société algérienne par peur de remettre en question les institutions
politiques. Notre société est dépourvue de l’esprit critique et du débat
contradictoire, cela est dû en premier lieu à la faillite de notre
école, comme étant la première instance qui permet d’inculquer ces deux
valeurs fondamentales dans l’évolution de la pensée et l’épanouissement
de la société. En deuxième lieu, l’échec des personnes qui sont censées
être l’avant-garde de la société (enseignants, médecins, universitaires,
ingénieures, psychologues, avocats…), et qui doivent véhiculer un
discours scientifique et contribuer à l’instauration de l’esprit
critique dans la société. Ces derniers font semblant de ne pas remarquer
qu’ils développent des comportements médiocres et décadents en se
plongeant dans l’indifférence. Ils se parent des costumes, de postures,
ou de discours soignés pour accréditer leurs prétentions. Ils
fournissent des arguments pour dissimuler leurs déficiences, ou pour
justifier leurs lacunes. Ils délaissent leurs citoyens sombrés dans
l’obscurantisme, l’ignorance, l’intégrisme sans faire le moindre effort
afin de permettre l’émergence des nouvelles idées qui peuvent conduire
notre société vers le progrès. Lorsque la critique est échangée à tous
les niveaux de la société, la santé intellectuelle d’une société se
perfectionne. Au contraire, quand des flatteries circulent dans tous les
sens, cela signifie que c’est l’indigence intellectuelle qui domine.
Bellal Amara, Takerbous

Categorie(s): voxpopuli

Auteur(s): Bellal Amara, Takerbous

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