Le rôle de la critique et sa place dans la société

Lesoir; le Lundi 17 Decembre 2012
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La critique est un élément capital dans l’évolution et le progrès de la société permettant de débattre toutes les questions qui s’imposent à l’esprit. Elle joue un rôle prépondérant dans l’émancipation des mentalités des citoyens, en contribuant à l’enrichissement du débat contradictoire dans la société. La critique est l’une des pratiques qui permettent aux sociétés de s’observer mutuellement et de vérifier si elles ont des lacunes, maladresses ou des défauts. La critique est indispensable dans tous les domaines de la vie, même si celle-ci risque parfois de prendre un autre sens et d’être fausse, excessive, blessante ou vengeresse. Et ceux qui parmi nous refusent d’être critiqués, se condamnent à demeurer médiocres. La critique est une conduite saine et nécessaire. Elle ressemble à une respiration provoquant la raison et suscitant le débat dans la société. En revanche, si nous refusons le débat contradictoire et écartons l’esprit critique ou nous nous interdisons la critique, nous ne pourrons pas combler nos lacunes et corriger nos erreurs. Si nous nous bornons à échanger des compliments ou des flatteries hypocrites, nous plongeons dans la décadence et l’indigence intellectuelle qui conduiront la société dans l’obscurantisme. Dans les pays démocratiques, les citoyens jouissent généralement du droit de discuter et de critiquer le système social, le régime politique, la religion, le président de la République, le gouvernement, les partis politiques, les projets sociaux, etc. Rien dans ces pays ne peut échapper au débat contradictoire. Cela n’empêche pas ces pays de demeurer stables et de vivre dans une harmonie sociale. Par contre, dans notre pays, le pouvoir met des obstacles et décrète des lois qui empêchent le débat et l’esprit critique dans la société algérienne par peur de remettre en question les institutions politiques. Notre société est dépourvue de l’esprit critique et du débat contradictoire, cela est dû en premier lieu à la faillite de notre école, comme étant la première instance qui permet d’inculquer ces deux valeurs fondamentales dans l’évolution de la pensée et l’épanouissement de la société. En deuxième lieu, l’échec des personnes qui sont censées être à l’avant-garde de la société (enseignants, médecins, universitaires, ingénieures, psychologues, avocats, etc.), et qui doivent véhiculer un discours scientifique et contribuer à l’instauration de l’esprit critique dans la société. Ces derniers font semblant de ne pas remarquer qu’ils développent des comportements médiocres et décadents en plongeant dans l’indifférence. Ils se parent des costumes, de postures, ou de discours soignés pour accréditer leurs prétentions. Ils fournissent des arguments pour dissimuler leurs déficiences, ou pour justifier leurs lacunes. Ils laissent leurs citoyens sombrer dans l’obscurantisme, l’ignorance, l’intégrisme sans faire le moindre effort afin de permettre l’émergence des nouvelles idées qui peuvent conduire notre société vers le progrès. Lorsque la critique est échangée à tous les niveaux de la société, la santé intellectuelle d’une société se perfectionne. Au contraire, quand des flatteries circulent dans tous les sens, cela signifie que c’est l’indigence intellectuelle qui domine.
Bellal Amara, Takerboust

Categorie(s): voxpopuli

Auteur(s): Bellal Amara, Takerboust

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