Le septième éclairant

Lesoir; le Mercredi 12 Decembre 2012
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Paris, ville des lumières, cité qui a, enfin, sa cité du cinéma, grâce à un prodige qui concrétisa le rêve, sans doute, des frères Lumière, inventeurs d'une lanterne, améliorée depuis, à la magie qui fascine toujours : le cinéma. Des films super 8, tranche argentique accessible aux mordus, rêveurs dans un réel vraiment «impitoyable», numérisés pour rester super et éclairer le regard du spectateur averti, à la recherche des films perdus, sont projetés dans une salle culte : La Clef (des rêves et de la vie féconde en images, en émotion et en débats très hauts souvent). Parmi les spectateurs, une mère algérienne et sa fille (déjà acquise au septième art) venues en renfort, prêtes à crier : One, two, «seven»... viva... Là-bas à Madaure, cité des poètes et fief de la naissance du premier roman que compte la littérature de l'humanité, sous l'olivier ancestral, toujours vivant, le père de cette famille ne sera que fier. Elles ont découvert un cinéma autre et la préoccupation majeure du moment, la sauvegarde du patrimoine filmique. Car au fil des ans, la pellicule s'abîme par les ravages du temps irrémédiables et les effets chimiques indésirables par les cinéphiles. A la rescousse de cette mémoire visuelle universelle, enregistrée sur pellicule de tous formats (35mm, 16mm, super 8), la Restauration et le Numérique. Un espoir qui coûte cher, mais transmettra sûrement un héritage riche en images et sons aux générations à venir. Ainsi, en Algérie, par exemple, des films vont être projetés, revus et surtout vus, pour la première fois, par des des jeunes qui n'ont jamais assisté à une projection dans une salle de cinéma, sur grand écran ; assis, en communion avec les incorrigibles enfants du cinoche. Une expérience inoubliable aux vertus positives. Ces films vont déclencher en eux l'envie de voir encore d'autres productions, comprendre l'histoire de cet art et leur Histoire, éveiller leur curiosité. Parcourir leur pays en oubliant, un moment, la focalisation sur l'Occident (qu'il faut connaître) et découvrir leur Sud ombilical. S'exprimer de manière civilisée et construire l'utile. C'est la fin de la projection. Les spectateurs rentrent chez eux, la tête pleine d'images, pour reprendre «le chemin de la vie». Un placeur colle déjà les affiches géantes des films prochains : «Amour», «On est là !»...
Ahmed Zir

Categorie(s): voxpopuli

Auteur(s): Ahmed Zir

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