LE SOIR DE L'EST

Lesoir; le Jeudi 20 Decembre 2012
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GRÈVE DES PRATICIENS DE SANTÉ
PUBLIQUE À ANNABA
Un mouvement pour la dignité
Le mouvement de grève auquel a appelé le Syndicat national des
praticiens de santé publique (SNPSP) a été largement suivi dans la
wilaya d’Annaba. Selon le Dr Yazid Azzouz, président du syndicat des
praticiens d’Annaba, la grève d’une journée a été suivie à hauteur de
90% dans cette région de l’extrême nord-est du pays.
Par respect à l’éthique et à la déontologie, les praticiens grévistes
ont tenu à assurer le service minimum, principalement les gardes et les
astreintes au niveau des hôpitaux et autres cliniques relevant du
secteur public, avons-nous constaté. La même source affirme que ce
débrayage national fait suite à l’ignorance par la tutelle d’une
plateforme de revendications pourtant déposée depuis des années au
niveau du ministère de la Santé, apprend-on. Le syndicat réclame une
prise en charge de ses revendications comportant notamment l’amendement
du décret exécutif n° 09-393 du 24 novembre 2009 portant statut
particulier des praticiens de santé publique, l’application de l’article
19 de ce statut et l’accès au grade de praticien en chef. Comme il
attend de la tutelle, la revalorisation des primes de garde et de
contagion et leur application avec effet rétroactif. Enfin, et selon
toujours le président du SPNSP de la région d’Annaba, se référant au
document adressé par l’instance nationale du syndicat, ce débrayage
intervient après le constat du syndicat de la non-prise en charge de
l’essentiel de ses revendications socioprofessionnelles. Celles-ci ont
été exprimées lors d’une réunion de conciliation entre le ministère de
tutelle et le SNPSP, tient-on à rappeler. Les praticiens que nous avons
rencontrés sur les lieux d’exercice, se disent décidés à ne pas lâcher
prise et à continuer le combat jusqu’à la satisfaction de leurs
revendications qu’ils estiment justes. «Certes, nos revendications nous
concernent en premier lieu, mais il faut avoir à l’esprit qu’en les
satisfaisant, les pouvoirs publics nous auront aidés à mieux prendre en
charge les malades à travers l’amélioration de nos conditions de
travail», tiennent à souligner les praticiens de santé publique de la
région d’Annaba. L’observation de cette journée de grève constitue le
premier désaccord intervenu entre les praticiens de santé publique et le
ministre de la Santé Abdelaziz Ziari, bénéficiant d’un préjugé
favorable. Il a même été qualifié d’homme de dialogue par les gens de la
profession, au lendemain de ses premières rencontres avec eux. C’est dû
certainement aux multiples clashs ayant surgi avec son prédécesseur au
poste en raison des promesses non tenues et aux multiples volte faces de
ce dernier. Cela se passait juste après sa prise de fonction, il y a
près de six mois. Peut-on dire, aujourd’hui, que le dialogue est rompu
entre les deux parties ? De l’avis même de certains praticiens, rien ne
permet cette affirmation. D’autant qu’avant d’être désigné à la tête du
portefeuille de la Santé, Abdelaziz Ziari avait assumé d’autres
responsabilités autant sinon plus lourdes que celle dont il a la charge
présentement, argumentent-ils. Il avait alors à rapprocher des points de
vue antagonistes principalement quand il occupait le perchoir de la
Chambre basse du Parlement. Pour toutes ces raisons et au regard de la
disponibilité du Syndicat des praticiens de santé publique, le dialogue
ne peut être rompu, et cela dans l’intérêt de tous : ministère,
praticiens et malades, souligne la même source.
A. Bouacha

Categorie(s): régions

Auteur(s): A. Bouacha

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