LE SOIR DU CENTRE

Lesoir; le Samedi 15 Decembre 2012
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EL ATTAF : ÉLECTION DU P/APC

Le jeu malsain des procurations
Si a Khemis Miliana, à El Amra et dans bien d’autres communes, tout
s’est joué dans la transparence, les chefs de l’exécutif désignés par la
voie de l’urne et les résultats acceptés par les candidats concurrents,
cela n’a pas été le cas à El Attaf, la deuxième grande commune de la
wilaya.
Déjà à l’arrivée de la délégation officielle, chargée de présider la
séance électorale à l’issue de laquelle allait être élu le maire, la
tension était palpable dans la foule amassée devant le siège de la
mairie. La salle assignée à cette cérémonie était déjà trop petite pour
contenir tous les présents et on a ressenti tout de suite la lourde
ambiance qui y régnait. Aussi très vite, une fois l’appel des élus
effectué, un membre a interpellé le wali pour mise en cause d’une
procuration. «La signataire de cette procuration n’a aucune raison de
déléguer une autre personne pour voter à sa place, et la personne
concernée se trouvait non loin de là, sans aucune excuse pour ne pas se
présenter », s’est-il exclamé. En réponse le wali, président de la
séance, a fait valoir : «Le procédé n’est pas une initiative locale mais
il est inscrit et admis par le code électoral et qu’il n’avait pas de
pouvoir pour refuser des procurations ou même les remettre en cause sauf
en cas de vice de forme comme celui qui s’est produit à Boumedfaâ où le
document était signé par un chef de service et non par le SG de la
commune ou tout autre agent dûment qualifié, comme le stipule le code
électoral.». Alors qu’on a cru un moment que le «contestataire» était
convaincu, voilà que les cinq élus de la liste indépendante El Amal, les
quatre élus d’El Moustaqbal, et les trois élus de Fadjr El Djadid, soit
douze des vingt-trois élus, se lèvent et quittent la salle. Mais en
sortant, des voix contestataires se sont élevées pour dénoncer le
procédé et l’usage de la procuration. «C’est un procédé qui a ouvert la
voie à la corruption des électeurs au moyen de la rachwa, à l’achat des
voix avec la chkara (dessous de table)». Le chef de l’exécutif a, avant
de lever la séance et la reporter au lendemain mercredi, à 11h, déclaré
: «Ce n’est pas dans mes prérogatives d’aller vérifier si ces absences
sont justifiées ou pas.» Il faut dire que ce procédé a souvent été
utilisé ici et là. On a entendu plus d’une fois des observateurs estimer
qu’«il s’agit là d’une procédure paradoxale, à savoir vouloir combattre
la corruption en lui ouvrant d’autres voies, le législateur aurait pu y
penser avant». Une autre anecdote de ces élections a eu pour cadre le
comportement d’un des candidats à la présidence de l’APC de Aïn Defla
mardi en milieu de matinée, juste avant le début du 2e tour du vote, qui
avait été précédé par un vote ballottage dimanche dernier. Ce candidat
apostrophe le wali et lui dit «si vous êtes venu pour m’installer, oui
nous rentrons dans la salle sinon ce n’est pas la peine, nous ne
rentrons pas». En définitive, les six élus FLN et cinq des autres
formations, soit onze au total, ont quitté la salle. Le vote a quand
même eu lieu et c’est Khelifi Ahmed de la liste indépendante Yousr,
placée sous la houlette du P/APW sortant Nadjem Mohammed, ex Flenniste,
dissident et opposant invétéré de Belkhadem, initiateur du mouvement des
redresseurs dans la wilaya de Aïn Defla, a décroché la présidence de l’APC
avec les voix de sa liste auxquelles se sont ajoutées 6 autres voix de
membres des autres formations ralliées.

Categorie(s): régions

Auteur(s): lesoir

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