LE SOIR DU CENTRE

Lesoir; le Jeudi 20 Decembre 2012
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TIZI-OUZOU
Journées d’étude sur la traduction et adaptation de l’œuvre
poétique de Lounis Aït-Menguellet
C’est à un exercice d’une extrême délicatesse que se sont essayés
les organisateurs (comité des activités culturelles et artistiques de la
wilaya de Tizi-Ouzou, maison de la culture Mouloud Mammeri) des journées
d’étude sur l’œuvre poétique de Lounis Aït-Menguellet, traduction et
adaptation chez le poète, les 18 et 19 décembre à la maison de la
culture Mouloud Mammeri, tant cette rencontre nécessite plus de temps et
de compétences pour se pencher sur l’œuvre intemporelle de celui qui est
considéré comme l’un des plus grands poètes kabyles de tous les temps.
Un point de vue partagé par l’un des conférenciers qui a avoué que sa
communication reflétait le travail de toute une année pour ses
étudiants. Cela n’enlève rien au mérite de cette rencontre entrant dans
le cadre des festivités culturelles élaborées dans l’agenda culturel et
artistique de la présente année par la Direction de la culture de
Tizi-Ouzou qui a drainé une grande foule venue écouter religieusement
les communications. A un point où les présents ne se bousculaient pas
pour entrer dans les débats, se contentant de les suivre un tantinet
rêveurs, façon de dire pour certains que, de par sa profondeur et sa
magie, l’œuvre de Lounis est au-dessus de tout débat et qu’elle
s’inscrit dans une dynamique universelle. La complexité des thèmes
abordés — l’étude des formes d’intertextualité présentes dans l’œuvre du
poète ainsi que l’adaptation de certains de ses textes — trouve toute sa
signification et sa pertinence dans la communication de Hacène Hireche,
universitaire et consultant à l’Université de Paris. Ce dernier, dans
son essai d’analyse d’un poème d’Aït- Menguellet, résume que l’œuvre du
chantre est une renaissance de la philosophie kabyle et que sa poésie
est à fleur de peau, à fleur de terre, à fleur de temps et, aussi, à
fleur de sang. Le thème de chanson qu’il a choisi lors de sa conférence
«Tamurtiw dizurar ghaf idurar » (Mon pays, des colliers sertissant la
montagne) a littéralement subjugué les présents tout au long du voyage
initiatique qu’il leur a offert dans l’univers enchanteur, le long des
majestueuses montagnes du Djurdjura, où l’invitation et l’appel du poète
à prospecter les abîmes, transcender le temps et l’espace et à
s’interroger sur la vie ont trouvé écho pour rappeler les valeurs qui
fondent l’univers kabyle tourmenté. L’œuvre de Lounis est intraductible
et ceux qui s’y sont essayés en ont eu pour leur audace. Ainsi, pour ses
«contresens» dans sa publication sur l’œuvre chantée de Lounis Aït-Menguellet,
Tassadit Yacine aura ainsi droit à une volée de bois vert de la part de
Saïd Chemakh, docteur d’Etat en linguistique, qui a traité des thèmes
récurrents dans l’œuvre de Lounis que Kateb Yacine qualifiait
d’incontestable plus grand poète. Et dans l’élévation à laquelle invite
«la poésie aérienne» de cette mythique légende de la chanson algérienne,
les auditeurs et lecteurs de l’œuvre authentique de Lounis Aït-Menguellet
trouveront tout ce que la vie recèle comme secrets.
Salem Hammoum

Categorie(s): régions

Auteur(s): Salem Hammoum

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