Le Soir du Centre

Lesoir; le Dimanche 10 Mai 2015
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Avec une sécheresse persistante depuis fin mars
Des céréaliculteurs de Bouira redoutent le stress hydrique
Les céréaliculteurs de Bouira sont en état d’alerte. Ils sont vraiment
sceptiques. Au domaine Si Lakhdar, ce vendredi, nous les avons retrouvés
l’air amer ; ils redoutent sérieusement le stress hydrique, celui-là
même qui affecte en cette période, la formation des graines au niveau
des épis.
«Regardez vous-mêmes ces vastes champs de blé et les surfaces jaunâtres
qui se forment déjà au milieu des champs. Ce sont les lieux où le soleil
a déjà fait son
effet ; les épis sont secs et presque vides», dira un des
céréaliculteurs qui habite dans le domaine avec ses autres frères qui
exploitent une EAC (exploitation agricole collective) de plusieurs
centaines d’hectares, tous dédiés à la céréaliculture. «Même l’humidité
qui d’habitude existe en abondance pendant la nuit à pareille époque de
l'année, et que l'on retrouve sous forme de rosée le matin le long des
feuilles, n'y est plus.
Cette rosée s’incruste d'habitude à l’intérieur de la tige en arrosant
les plants et c’est largement suffisant pour les graines», dira son
frère qui nous montre les tiges totalement sèches…
Djamel qui nous accompagne et qui possède dans le même domaine, une EAI
ou exploitation agricole individuelle de 17 hectares, nous conduit vers
son champ de blé. Sur place, il nous montre à perte de vue les épis
chétifs et très peu fournis, dont certains commencent même à se faner
avant maturation. «Au mois de janvier dernier, avec ces neiges et ces
pluies abondantes qui étaient tombées durant le premier trimestre, soit
jusqu’à fin mars, nous avons cru à une saison exceptionnelle en terme de
rendement. Nous sommes dans un plateau des plus fertiles de la wilaya et
avec l’itinéraire technique que nous avons suivi à la lettre avec les
labours profonds, les amendements, les semences de bonne qualité et le
désherbage, nous nous attendions vraiment à un très bon rendement.
Hélas, avec la sécheresse qui persiste depuis fin mars, tout est
compromis», dira notre interlocuteur qui n’écarte pas un très faible
rendement pour la présente campagne.
Cela étant, au niveau du domaine Si Lakhdar qui s'étend sur une
superficie de plus de 1 200 hectares, ainsi que les champs environnants
sur cette partie nord-est d’El Hachimia, et la partie nord de la commune
d’Oued El Berdi, soit un total de plus de 3 000 hectares, les
agriculteurs qui travaillent sous forme d’EAC ou d’EAI, sont tous
unanimes à interpeller la direction des services agricoles sur la
nécessité d’intégrer ce vaste plateau agricole dans le périmètre irrigué

d’El Esnam. Selon eux, il est impensable de voir le plateau d’El Esnam
bénéficier d’irrigation à partir du barrage Tilesdit alors que le
domaine Si Lakhdar et son prolongement, situé juste à côté du plateau
d’El Esnam, ne le soit pas.
Tous les agriculteurs de ce domaine insistent sur l’intégration de leurs
terres dans le futur périmètre irrigué. Tous disent qu’avec une
abondance de l’eau sur ce domaine, la wilaya de Bouira pourra s’autosuffire
avec ce seul périmètre en terme de cultures maraîchères toutes variétés
confondues et pourront atteindre des rendements records dans les
céréales.
«Consommer algérien oui, mais encore faudrait-il mettre tous les moyens
au profit de l’agriculteur pour produire algérien», dira Djamel allusion
faite à la campagne en cours, initiée par le ministère qui veut
encourager la consommation du produit algérien. En tout cas, les
agriculteurs ne comptent pas rester les bras croisés ; ils projettent de
saisir officiellement le ministère de l’Agriculture et celui des
ressources en eau sur cette question. Mais pour le moment, ce qui les
préoccupe le plus est la persistance de cette sécheresse qui risque de
compromettre complètement la saison agricole. D’autant que, selon
Hamouche, un autre agriculteur ingénieur agronome de son état, et qui
possède une parcelle dans le domaine, «la météo n’annonce aucune
perturbation à l’horizon».
Y. Y.

Suicide d’un brigadier de police
Un homme, exerçant comme brigadier de police au sein de la Sûreté de
wilaya de Bouira, âgé de 44 ans, a été retrouvé hier matin mort pendu à
l’aide d’une corde dans un garage familial près de sa demeure située à
Z’riba dans la commune d’Ahl Ksar, à 30 kilomètres au sud-est de Bouira.
Le défunt, marié et père de quatre enfants, était connu pour être un bon
vivant et qui plus est, appartenait à une famille fort aisée. Aussi, la
nouvelle qui a vite fait le tour de la commune, et même de la wilaya, a
jeté l’émoi et la consternation parmi la population et surtout ses amis
policiers.
Une enquête est ouverte pour élucider les véritables causes de cette fin
tragique.
Y. Y.

M’sila
Les sages-femmes réclament plus de moyens
A l’occasion de la Journée de la sage-femme, l’Institut national
supérieur du paramédical de M’sila a abrité, hier, une journée d’étude.
Une journée organisée par l’association algérienne pour la planification
familiale qui a connu la communication de plusieurs spécialistes ayant
débattu différents thèmes se rapportant au métier de sage-femme, tels
que : la communication familiale, la contraception, le stérilet, le
dépistage de luxation congénitale de la hanche ,le cancer du col, le
cancer du sein, le certificat médical et l’hygiène. La seule maternité
qui existe dans la ville de M’sila Slimane-Amirat connaît un afflux très
important de femmes venues des quatre coins de la wilaya. D’ailleurs, le
nombre d’accouchements a atteint entre 35 et 40 cas en 24h, pris en
charge par à peine 2 ou 3 sages-femmes assurant la permanence.
Ce personnel demeure insuffisant selon le docteur Diafat Nacir,
gynécologue, qui a présenté la première communication ayant pour thème
«La contraception». 
Ce médecin a évoqué lors de son intervention les problèmes d’ordre
socioprofessionnels rencontrés par ces sages-femmes qui activent
généralement sur deux volets, le premier est de faire le planning
familial et prescrire les différents moyens contraceptifs adaptés à la
femme et en second lieu, assurer l’accouchement au niveau de la
maternité. A cet effet, ces sages-femmes réclament un renforcement de
personnels dans leur spécialité notamment devant l’absence de
gynécologue activant dans le secteur public, comme elles demandent des
moyens de dépistage du cancer, sachant que la sage-femme est le premier
réceptacle en matière de consultation des femmes.
Enfin, le docteur Diafat défend le statut de cette gent d’employé dans
le secteur sanitaire public qui assure un métier laborieux et leur
propose une retraite anticipée au regard des efforts déployés dans ce
domaine.
A. Laïdi

EL ABADiA
Un jeune collégien meurt noyé dans un bassin d’irrigation
Mercredi dernier, vers 13h30, un jeune collégien âgé de 15 ans a trouvé
la mort, noyé dans un bassin d’irrigation situé dans la commune d’El
Abadia, non loin du douar des Chekalil. Dès que la noyade a été
signalée, une équipe de plongeurs de l’unité principale de Aïn Defla a
été dépêchée sur les lieux. Les recherches effectuées ont fini par
remonter à la surface, le corps du jeune collégien, originaire de la
banlieue de la ville d’El-Attaf la commune voisine. Sa dépouille a été
déposée à la morgue de l’hôpital Sidi-Bouabida. La brigade locale de la
gendarmerie a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances
précises dans lesquelles ce jeune garçon a trouvé la mort.
Ce type de noyade dans les bassins d’irrigation et autres plans d’eau,
très nombreux sur le territoire de la wilaya, n’est pas rare. En effet
chaque année, surtout pendant la saison estivale, de nombreux cas de
noyade sont enregistrés. Un travail continu de sensibilisation aux
dangers encourus par ce type de baignade doit redoubler.
K. O.

WILAYA D’ALGER
La police judiciaire a traité trois affaires de trafic de stupéfiants

La police judiciaire d’Alger a eu à traiter, ces derniers jours, trois
affaires de trafic et commercialisation de stupéfiants et psychotropes,
indique-t-on auprès de la Sûreté de wilaya d’Alger.
La première affaire porte sur la découverte de trois cents grammes de
résine de cannabis, de psychotropes et de 60 000 dinars par une
patrouille de police à Alger-Centre. Attirés par un véhicule avec deux
personnes à bord, les policiers ont procédé à la fouille de la voiture
et des deux individus. Présentés devant le procureur de la République
près le tribunal de Sidi M’hamed, les deux mis en cause ont été placés
sous mandat de dépôt, précise la même autorité.
La police judiciaire d’Alger-Centre a également traité une affaire de
stupéfiants et drogues dures. Lors d’un contrôle, les policiers ont
vérifié un véhicule à bord duquel il y avait trois personnes. Une
vérification qui a permis de découvrir dix capsules contenant une poudre
blanche et une quantité d’un gramme et demi de résine de cannabis ainsi
qu’une somme d’argent de 250 000 dinars.
Notons que la poudre blanche a été envoyée au laboratoire de la police
judiciaire pour être expertisée et identifiée. Les trois personnes ont
été mises sous mandat de dépôt. Quant à la troisième affaire, la Sûreté
de wilaya d’Alger indique qu’elle porte sur la découverte d’une quantité
de 160 comprimés psychotropes sur un piéton qui a fait l’objet d’un
contrôle au boulevard Mohamed V. Cet individu a été mis sous mandat de
dépôt. Par ailleurs, la police judiciaire d’Alger-Centre a élucidé une
affaire de vols de véhicules, faux et usage de faux, escroquerie,
falsification de sceaux d’Etat et usurpation d’identité. Suite à une
information parvenue aux services de police, un véhicule suspect
stationné avenue Asselah Hocine à Alger a été localisé.
Ce véhicule avait fait l’objet d’un vol à Oran, indique la Sûreté de
wilaya d’Alger. Repéré dans un restaurant à proximité du véhicule garé,
le conducteur a été interpellé. Après interrogatoire, il s’est avéré que
cet individu faisait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt pour vols de
véhicules et falsification de cartes grises et pièces d’identité.
Plusieurs agences de location de voitures à Oran ont, en effet, été
victimes de ces actes de vols.
Ry. N.

MÉDÉA
Une pratique populaire à préserver
Avec le concours de l'Université Yahia-Farès, des associations locales,
des chercheurs et spécialistes, et dans le cadre de la célébration du
mois du patrimoine, la Direction de la Culture de Médéa a organisé une
exposition sur cette pratique populaire séculaire qui consiste à stocker
et à mettre en réserve divers aliments en prévision des hivers rudes,
des pénuries, des épidémies et autres. Il s'agit d'El Aoula. Que
reste-il de cette pratique d'antan ? Pourquoi cette tradition tend-elle
à disparaître ? Existe-t-elle encore dans certaines familles ?
Autant d'interrogations auxquelles des chercheurs et des professeurs ont
tenté d'apporter des éléments de réponse, à travers les communications
qui ont été programmées pour l'occasion, lesquelles ont suscité des
débats très intéressants. D'après Mohamed Boukerras, comme le patrimoine
matériel, le patrimoine immatériel doit être préservé car il est menacé
par moult «prédateurs» dont l'apport des nouvelles technologies dans
tous les domaines, les différents défis climatiques, les changements
urbanistiques, les influences socio-culturelles et autres.
Les conférenciers ont été unanimes à souligner que du temps de nos
grands-parents et de nos arrière-grands parents, au moment de la Aoula,
tous les voisins se mobilisaient comme pour une Touisa. Les femmes
roulaient le couscous dans le patio d'une des maisons du quartier, puis
on le séchait dans une autre maison.
On préparait le H'chim ou le Kaddid (viande salée ou crue cuite séchée),
le Berkoukes ou Mardoud, le Borghol, les tomates et poivrons séchés et
en conserve, les olives, les variantes et autres. Cette coutume faisait
indéniablement dans la compassion, dans la préservation des relations
humaines et dans la solidarité dans la société. Dans le hall de la
bibliothèque Mohamed-Bencheneb de l'Université Yahia-Farès où les
exposants ont élu domicile pour deux jours, des échantillons de Aoula
ont été exhibés.
Des femmes s'affairaient autour de leurs fourneaux traditionnels et
servaient du couscous aux visiteurs. Du succulent Tâam fumant, embaumant
toute l'atmosphère et projetant plus d’un dans ce merveilleux univers de
souvenirs qui dorment en chacun de nous et qui émergent quelquefois.
Un vieux dicton dit «Li Maândouch Aoula Fel Mazoued Ma Yahna Ma Yergoud».
Autrement dit «Malheur à celui qui n'a pas été prévoyant !»
M. L.

Categorie(s): régions

Auteur(s): M. L.

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