Le Soir du Centre: TIPASA Les fellahs face au risque agricole

Lesoir; le Mercredi 3 Decembre 2014
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La Chambre de l’agriculture de la wilaya de Tipasa vient d’abriter
récemment une journée dédiée aux risques agricoles et a animé une série
d’interventions et de communications ayant trait aux divers risques
agricoles pouvant survenir aux cultures maraîchères, céréalières,
arboricoles, vinicoles ou industrielles.
Ce fut en présence de plusieurs dizaines de fellahs, arboriculteurs,
éleveurs, agrumiculteurs et apiculteurs, que ce conclave s’est tenu sous
les auspices de la Chambre d’agriculture de Tipasa et auquel ont pris
part M. Mohammed-Rabah Sidhoum. le Directeur des services agricoles, M. Tolba
et M. Bernaoui, respectivement président et secrétaire général de la
Chambre d’agriculture de Tipasa.
M. Boughandoura Yassine, le directeur régional de la CRMA de Koléa,
ainsi que le responsable de la CRMA de Hadjout, ont, lors de ce
conclave, déployé des moyens techniques et humains ainsi que leur talent
de spécialistes pour sensibiliser les fellahs sur l’intérêt d’assurer
leur exploitation contre les risques inhérents aux incendies, chute de
foudre, les risques de grêle et la responsabilité civile du fellah et
des membres de sa famille.
M. Mohammed-Rabah Sidhoum, le directeur des services agricoles, de
Tipasa, rappellera que l’ensemble des fellahs de la wilaya ont été
sensibilisés aux risques induits par la profession. D’autres
intervenants diront en substance «lors des différentes épidémies et
catastrophes naturelles, qui ont touché l’aviculture et le cheptel,
l’Etat a pris en charge les pertes induites par ces catastrophes, à
l’image des autres épidémies, touchant l’arboriculture et les agrumes,
l’Etat a toujours informé les fellahs afin qu’ils se prémunissent contre
ces risques. Malgré cela, nos fellahs n’ont pas vu venir le danger et
c’est l’Etat qui a compensé leurs pertes, par le dédommagement de
l’arrachage des arbres infectés par les bactéries», diront tour à tour,
les responsables qui ont animé ces conférences. M. Mohammed-Rabah
Sidhoum, le directeur des services agricoles, confirmera aux fellahs
qu’une caravane d’explication et de sensibilisation sillonnera tout le
territoire de la wilaya.
Quant à M. Boughendoura Yassine, le directeur régional de la Caisse
nationale de la mutualité agricole (CRMA), sise à Koléa, il sera
éloquent et précisera à ce titre, que «la CRMA exhorte les fellahs à
protéger leurs exploitations et leurs investissements contre les pertes
subies par la culture de la pomme de terre, pertes dues notamment à la
chute de grêle, aux inondations et aux intempéries dans le cadre des
périodes de culture, à l’instar de la pomme de terre de primeurs, de la
pomme de terre de saison et celle d’arrière-saison».
M. Boughandoura s’est aussi adressé aux promoteurs de la culture sous
serre, en précisant que «la garantie de l’assurance couvre l’ensemble
des dommages subis par le film plastique et le verre, par les armatures
et les équipements des serres causés par les tempêtes, les neiges, les
inondations et les incendies». Le directeur régional de la CRMA de Koléa
a aussi rassuré les aviculteurs et les éleveurs de dindes, qui sont
assurés en leur affirmant que «les pertes dues à la mortalité de la
dinde, soit par la maladie, soit par décision des pouvoirs publics ou du
vétérinaire, sont garanties». Un autre orateur évoquera le problème de
garantie du cheptel ovin et bovin «les vaches porteuses qui risquent de
voir leurs nouveaux-nés mourir, peuvent être garanties, dès lors que le
préalable de déclarations s’effectue dans les délais», affirme ce
conférencier.
Houari Larbi

Bir-Ould-Khelifa (AÏn Defla)
La Mutualité agricole veut récupérer sa clientèle
Si l’agriculture dans la wilaya de Aïn-Defla est le secteur qui emploie
quelque 80% de la population active par l’emploi direct ou indirect,
paradoxalement seule une infime partie bénéficie de la couverture des
assurances.
Selon les chiffres rendus publics lors de la journée «portes ouvertes»
sur les assurances agricoles, organisée par la Caisse nationale de la
mutualité agricole et sa filiale, la CRMA de Khemis Miliana, à Bir-Ould-Khelifa,
dans la daïra de Bordj-Emir-Khaled, jeudi dernier, il a été révélé que
seul un très faible pourcentage d’agriculteurs ont souscrit à une
assurance durant les trois dernières années.
Toujours selon ces chiffres, le nombre des souscripteurs n’a fait que
diminuer puisque de 319 souscripteurs en 2011, il est passé à 167 en
2014 puis à 243 en 2012 et à 265 en 2013.
Cette faiblesse des souscripteurs s’est accompagnée d’une régression
très importante des superficies des spéculations car des 8 055 ha
exploitées en 2011, on est passé à 7 025 en 2012, à 7 086 en 2013 pour
accuser une chute vertigineuse en 2014 de l’ordre de 3 063 ha.
Les contrats d’assurances du cheptel aussi n’ont pas accusé
d’augmentations, demeurant relativement stables mais très faibles
puisque seulement 84 contrats d’assurances de couverture de risques
encourus par les animaux ont été établis en 2011, 86 en 2012, 94 en 2013
et 92 en 2014. Ces deux derniers résultats coïncidant avec l’épidémie de
la fièvre aphteuse qui a sévi dans la commune de Bourached
principalement.
Sur le plan des règlements des risques, les résultats annuels ont été
fluctuants, avec des hauts et des bas d’une année à l’autre durant les
trois années écoulées. En effet, le montant des règlements est passé de
5 164 086 DA en 2011, à 3 445 300 DA en 2012 puis à 4 092 728 DA en 2013
puis à 712 676 DA en 2014.
L’indemnisation pour la mortalité animale a atteint un montant de 9 165
451 DA en 2011, puis 11 231 221 DA en 2012, pour doubler en 2013 soit 22
130 061 DA en 2013 et enfin 13 915 006 DA en 2014, les chiffres des deux
dernières années correspondent là aussi à l’épidémie de la fièvre
aphteuse.
Tous les indicateurs, clignotant au rouge, face au fossé qui s’est
creusé depuis longtemps entre les agriculteurs et la Mutualité agricole
pour redresser la barre, doivent faire face à la concurrence d’autres
assureurs qui s’installent, c’est le directeur général lui-même, M.
Benhabylès Cherif, qui est venu animer cette journée pour sensibiliser
les agriculteurs à revenir en force pour conforter non pas la Caisse
mais le système de la mutualité expliquant «la souscription à
l’assurance n’est pas seulement un acte commercial, mais un acte de
solidarité mutuel qui bénéficiera à tous, chaque fois que l’agriculteur
sera confronté à une difficulté.» Le directeur général de la CNMA
(Caisse nationale de mutualité agricole) déplore que des milliers
d’agriculteurs ne soient pas eux-mêmes assurés, ni leur descendance, ni
le fruit de leur travail et qu’en fin de carrière, épuisés, malades, ils
se trouveront démunis face à la vieillesse et à la maladie. L’orateur
rappelle que le monde agricole est en train de changer et qu’à l’avenir,
la gestion de l’agriculture ne fera pas dans le social et que pour
l’instant, c’est l’Etat qui pourvoit aux catastrophes et aux sinistres,
comme ce fut le cas à Ghardaïa et ailleurs, mais que cet
interventionnisme étatique ne pourra pas durer.
A titre d’exemple et pour montrer l’efficacité de la Mutualité, il cite
la réalisation du complexe laitier de Arrib «il a été financé par une
coopérative franco-allemande, des produits des ristournes, produits qui
ont été investis dans l’exportation et la réalisation de projets
industriels à l’étranger, un investissement dont ont bénéficié les
coopérateurs. Un exemple à suivre même chez nous».
Le premier responsable de la CNMA, s’adressant aux centaines
d’agriculteurs présents, a évoqué le problème de l’assurance contre la
sécheresse, une calamité qu’aucune assurance ne prend en charge. A ce
sujet, il révèle que la proposition a été faite, mais que la CNMA ne
pourra jamais à elle seule offrir ce genre d’assurance et que pour ce
faire, il faut justement une adhésion à l’assurance en masse et un
soutien de l’Etat au moins à hauteur de 50%.
Il a, par ailleurs, exhorté les bureaux locaux de la Mutualité à faire
preuve de plus d’efficacité pour accompagner les agriculteurs, les
convaincre de l’utilité de l’assurance pour eux, pour leurs familles et
pour leurs produits.
Le chef de daïra de Bordj Emir-Khaled, dont relève Bir-Ould-Khelifa,
s’est dit heureux que la commune ait été choisie pour la tenue de cette
journée en ajoutant qu’il espère que d’autres rendez-vous aussi
importants y soient organisés.
Le président de la Chambre de l’agriculture a, quant à lui, rappelé que
la Mutualité n’est pas un syndicat mais une mise en œuvre de moyens en
commun pour le bien de ses adhérents, une caisse de solidarité. Par
ailleurs, il a scandé que la gestion de l’agriculture doit être faite
par des professionnels de l’agriculture et non pas de personnes venues
d’ailleurs qui n’ont aucun lien affectif avec les agriculteurs parce
qu’ils n’ont pas vécu dans le monde agricole, donc insensibles aux
difficultés qui sèment la vie de la paysannerie et de ses déboires.
Karim O.

EL-Hoceïnia (Aïn Defla)
3 morts et un blessé dans un carambolage sur l’autoroute
Il était 11h 20 mn, hier quand le drame s’est produit sur l’autoroute,
au point kilométrique routier (PKR) 18, au niveau du lieudit Ouled-El-Mehdi
sur le territoire de la commune d’El-Hoceïnia.
Ce fut un carambolage qui s’est produit entre un semi-remorque chargé de
sable, un camion JAC, un transport de béton liquide malaxeur et un
véhicule léger. Selon des sources bien informées, c’est l’un des poids
lourds qui a percuté de plein fouet le véhicule léger, le projetant dans
un ravin. Le véhicule a littéralement explosé et pris feu.
L’intervention des secouristes de la Protection civile, à partir de
l’unité de Boumedfaâ, a permis d’éteindre le feu mais a dégagé du
véhicule totalement calciné 2 corps carbonisés qui n’ont même pas pu
être identifiés.
Du semi-remorque, les secouristes ont pu extraire de la cabine le
chauffeur gravement blessé, qui a succombé à ses blessures à son arrivée
aux urgences médico-chirurgicales de l’hôpital de Khemis Miliana.
La quatrième victime, blessée, a été prise en charge au service de
traumatologie tandis que les dépouilles des 3 victimes dont une femme,
ont été déposées à la morgue du même hôpital.
Face à la gravité de l’accident, la Protection civile est intervenue
avec 3 camions anti-incendie et 2 ambulances.
Quant aux causes de ce sinistre, c’est aux enquêteurs de les déterminer.
S’agit-il d’excès de vitesse dans la descente ? De dépassement interdit
? Une défaillance mécanique d’un engin, un manque de vigilance de la
part d’un des conducteurs qui n’a pas tenu compte de l’aspect glissant
de la chaussée après ces 24 h de pluie ? Il appartiendra à l’enquête de
la gendarmerie d’apporter les réponses.
Selon les statistiques de la Protection civile, durant le mois de
novembre dernier, il a été enregistré sur le réseau routier de la wilaya
de Aïn Defla 82 accidents qui se sont soldés par 6 décès et 126 blessés.
K. O.

Categorie(s): régions

Auteur(s): K. O.

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