Le verdict a été rendu ce jeudi: Des jeunes émeutiers de Haïzer condamnés à la prison ferme

Lesoir; le Samedi 6 Decembre 2014
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Le verdict prononcé ce jeudi à l’encontre des 32
jeunes émeutiers de Haïzer a été très dur, surtout vis-à-vis de sept
d’entre eux qui ont écopé de deux mois de prison ferme.
Passe sur leurs camarades qui ne voulaient pas se présenter au procès
tenu le 13 novembre dernier et qui viennent d’être condamnés par
contumace à des peines de 2 années de prison ferme et 50 000 dinars
d’amende. Ceux-là étaient prévenus et s'attendaient donc à ce verdict.
Mais, pour ce qui est des sept jeunes qui étaient présents à l’audience,
le verdict prononcé contre eux est jugé très sévère, tant par les
avocats qui faisaient partie du collectif des avocats qui s'était
constitué pour défendre bénévolement ces jeunes de Haïzer qui s’étaient
opposés au quatrième mandat de l’actuel président Abdelaziz Bouteflika,
au même titre que beaucoup de leurs concitoyens surtout dans la wilaya
de Bouira qui avait vécu en cette journée du 17 avril des émeutes à
travers plusieurs communes.
Aussi, et c’est parce que lors du procès, les avocats qui avaient plaidé
la cause de ces jeunes émeutiers avaient tous rappelé le caractère
éminemment politique de leurs gestes, à savoir des échauffourées devant
le centre de vote dans le but de dénoncer cette élection au même titre
que beaucoup de leurs concitoyens, et c’est parce que les avocats
avaient rappelé le caractère illégal de ses accusations basées sur des
vidéos et d’une manière collective sur des faits dont la justice ne
reconnaît que les faits individuels, tout le monde s’attendait à ce que
le verdict soit plus clément avec des sursis, ou carrément des non-lieux
pour clore le dossier.
Tout cela a été démenti ce jeudi, puisque le juge s’en est tenu aux
faits prouvés par voie de vidéo, et apparemment sur les déclarations de
certains policiers qui s’étaient portés comme partie civile dans cette
affaire, pour condamner ces jeunes à la prison ferme, et d’autres à six
mois de prison avec sursis et 20 000 dinars d’amende contre neuf
émeutiers, deux mois de prison avec sursis pour huit autres, alors qu’un
seul jeune a été acquitté, et enfin, deux derniers, des mineurs, ont été
renvoyés au tribunal pour mineurs.
Un jugement rendu après trois semaines, et qui a choqué tant les
concernés que les dizaines et même les centaines de citoyens qui
s'étaient mobilisés pour cette cause en observant à chaque fois des
rassemblements de soutien devant le siège du tribunal de Bouira où se
tenait le procès. D’ailleurs, lors du procès du 13 novembre dernier, la
police est intervenue pour disperser violemment un de ces rassemblements
en procédant aux arrestations de huit personnes qui ne furent libérées
que tard dans la journée.
Cela étant, et d’après certains émeutiers, le même collectif composé de
12 avocats, a été informé de ce verdict ce jeudi, et une décision de
faire appel auprès de la cour de Bouira, a été retenue.
De leur côté, les parents de ces émeutiers qui s’étaient mobilisés en
créant un comité de crise au mois d'octobre dernier, juste au début de
l'affaire, ont décidé de réactiver ce comité en appelant les citoyens de
la wilaya de Bouira, ainsi que les partis politiques qui étaient avec
eux, surtout le RCD et les autonomistes, à sensibiliser davantage les
gens sur cette affaire qui prend une autre tournure, alors que des
émeutes plus sanglantes avaient eu lieu le 17 avril dernier dans
certaines communes de la wilaya mais sans que la justice ne soit
actionnée. Mieux, le lendemain de la proclamation des résultats, ces
émeutiers qui ont été arrêtés la veille et qui ne furent relâchés que
dans l’après-midi de vendredi 18 avril, ont été informés qu’à l’occasion
de cette réélection, aucune poursuite judiciaire ne sera retenue contre
les gens ayant de loin ou de près participé aux événements ayant émaillé
la journée du vote. Alors !
Y. Y.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Y. Y.

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