LES CHIFFRES LE DÉMONTRENT: Tendance à la hausse des violences contre les femmes

Lesoir; le Jeudi 26 Novembre 2015
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La violence en soi n’est pas une nouveauté ou une
particularité. Pourtant les propensions qu’elle prend dans la société
algérienne sont inquiétantes, particulièrement à l’égard des femmes.
Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - Des statistiques mondiales ont
montré que près de 10 000 femmes sont victimes de violence chaque
minute. Des chiffres effroyables et alarmants d’autant plus que les
types de violence ne sont pas spécifiés et que l’enquête concerne
uniquement les cas qui ont fait l’objet de plaintes. En Algérie, la
femme algérienne n’est pas à l’abri mais plus exposée à ces violences à
commencer par le cercle familial avant les espaces publics (rues,
transports en commun, établissements scolaires et universitaires …),
aujourd’hui plus que jamais. Selon les derniers bilans communiqués par
la DGSN et la gendarmerie, près de 7 500 cas ont été enregistrés via les
déclarations recueillies, seulement, et plus de 20 femmes y ont laissé
leur vie.
Pourquoi ce phénomène connaît-il une tendance à la hausse sans précédent
actuellement ? Selon certains sociologues, il s’agirait des «séquelles»
de la décennie noire qui se propagent encore au sein de la société. Il
en a résulté «la délinquance», une profonde «perte de repères» sociaux
et religieux et un «chamboulement» des traditions et mœurs algériennes.
En outre, ils montrent du doigt «la négativité» du discours religieux
qui ne joue pas suffisamment son rôle dans la communication des
«véritables valeurs musulmanes».
Tout en dénonçant la propagation du pouvoir de l’extrémisme religieux au
sein de la société aujourd’hui et de la «fatwa malsaine» qu’il enfante.
Sans omettre également l’effet de l’addiction croissante aux différentes
drogues dont les consommateurs (plus de 3 500 réguliers et près d’un
million d’occasionnels) sont souvent amenés à ce type de violence
(psychologique, physique, sexuelle …). En résultat, ces violences
fréquentes faites à l’égard des femmes sont souvent « perçues» comme une
normalité. Sinon, sous les fortes pressions familiales et sociales, les
victimes sont «forcées» de garder le silence et n’osent pas dénoncer
leur ravisseur, souvent «un proche», car le sujet étant considéré à ce
jour «tabou».
Par ailleurs, la secrétaire générale de l’UNFA (Union nationale des
femmes algériennes), Nouria Hafsi, invitée hier à un forum dédié à la
Journée internationale pour l’arrêt des violences à l’égard des femmes,
a voulu attirer l’attention sur la législation qui ne protège pas et
n’assiste pas «assez» la femme victime de violence.
Ou que les dispositions entreprises dans ce sens depuis mars 2015 ne
veulent pas être accélérées. D’autre part, la ministre de la Solidarité
nationale, M.Meslem, a déclaré hier que le ministère de la Justice «a
commencé» à revoir «certaines» dispositions du Code de la famille, sans
d’amples précisions.
Or, ce sont des mesures «sévères», réellement «applicables» et qui
traiteront du problème aussi bien en amont qu’en aval que réclament les
ONG activant pour la protection et l’amélioration de la condition de la
femme.
N. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. B.

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