LES DROITS DES PEUPLES À DISPOSER D’EUX-MÊMES REVIENNENT CETTE SEMAINE À NEW YORK: La Palestine entre à l’ONU et Ross bouge les lignes au Sahara occidental

Lesoir; le Samedi 1 Decembre 2012
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De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Cette semaine, deux événements majeurs ont indiqué les marqueurs
historiques de l’ONU, les fondamentaux. L’inscription de la Palestine
comme membre observateur et la conférence de presse de Christopher Ross,
l’émissaire pour le Sahara occidental. Pour le peuple palestinien, le fait qu’une majorité de pays ont
approuvé son entrée dans l’enceinte de l’ONU — seuls les Etats- Unis et
huit autres ont voté non —, prouve, à lui seul, le bienfondé, la
légitimité palestinienne. Symbolique, il est vrai, le plébiscite onusien
n’en est pas moins révélateur de la volonté de la majorité des Etats et
des peuples de la planète «Terre» d’en finir avec l’intransigeance,
l’arrogance et le mépris israéliens. Il n’était que de suivre les
discours de Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne, et celui du
représentant israélien, tous deux, pour évoquer pour l’un,
l’argumentaire de l’entrée de son pays à l’ONU, l’autre, pour la
révoquer, pour s’apercevoir qu’historiquement, au plan du droit, de la
morale et de l’éthique, c’en est fini des mensonges et des faux-fuyants
de Tel- Aviv. Le discours de Mahmoud Abbas portait l’espoir, l’avenir,
la paix, le compromis, alors que celui du représentant d’Israël
s'arcboutait aux broutilles, aux pièges, à la fuite en avant… L’autre
élément majeur new-yorkais ces derniers temps est la conférence de
presse tenue par Christopher Ross. Répondant aux journalistes qui
l’interrogeaient sur sa mission au Sahara occidental, Ross ne s’est pas
gêné pour bousculer, bouger les lignes, dire la vérité, casser
l’hypocrite consensus qui veut maintenir les choses en l’Etat.
L’émissaire onusien offensif, droit dans ses bottes, évoque la situation
«intenable» dans le Sahara occidental et adresse des messages clairs.
«Croire, dit-il, que le statu quo est bon, serait une erreur de calcul.»
Lors du même point de presse, Ross informe que les tête-à-tête «bidon»
entre Sahraouis et Marocains sont supprimés au profit d’une démarche
plus rationnelle, plus cohérente et s’inscrivent en droite ligne du
droit du «peuple sahraoui à l’autodétermination ». Courageux, diplomate
racé, prenant le temps d’étudier le dossier, Christopher Ross est,
incontestablement, l’homme qui peut débloquer la situation au Sahara
occidental. Il est dès lors aisé de comprendre pourquoi le Maroc a voulu
s’en débarrasser et que, n’était l’insistance du secrétaire général de
l’ONU, Ban Ki-moon, Ross aurait été balayé de sa mission. L’émissaire
onusien a bougé les lignes. Cette semaine est à marquer d’une pierre
blanche à Ramallah, à Ghaza, à El- Qods, à Laâyoune, Dakha et à New
York…
A. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. M.

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