LIÉS PAR DES ACCORDS D’ASSOCIATION AVEC L’UNION EUROPÉENNE: Les pays maghrébins rediscutent les règles d’origine

Lesoir; le Lundi 10 Decembre 2012
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Les Etats du Maghreb, liés par des accords d’association avec l’Union européenne, œuvrent à redéfinir les règles d’origine des produits importés.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Des discussions dans
un cadre régional se poursuivent en ce sens, selon le directeur général
des relations internationales du ministère du Commerce. Selon Saïd
Djellab, qui participait hier à l’hôtel Hilton à un déjeuner-débat
organisé par le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise
(Care) et la Fondation Friedrich Neumann, ces discussions devraient
aboutir à de nouvelles règles dès janvier 2015, espère-t-il. Ce qui
permettrait d’améliorer tant la compétitivité des entreprises
maghrébines que de stimuler le développement d’une intégration
industrielle réellement efficiente. C’est ce qu’a laissé entendre
l’expert tunisien Ghazi Benhamed qui a participé à cette rencontre
consacrée au thème : «Les accords d’association : quels bénéfices
possibles pour les entreprises algériennes ?». Cet expert avait prôné
l’instauration d’un marché régional, d’un partenariat algéro-tunisien,
évoquant l’opportunité de mettre en place une zone de libre-échange
transfrontalière. Certes, les règles d’origine, des critères permettant
de déterminer le pays d’origine d’un produit, contribuent à une
meilleure régulation de l’importation, la sécurisation des intrants de
fabrication et la lutte contre la contrefaçon et la concurrence chinoise
notamment. A propos des produits d’origine incontrôlée, notamment les
produits asiatiques et autres qui transitent par l’Europe avant d’être
introduits dans notre pays, le ministre du Commerce avait indiqué,
récemment, que les autorités nationales, notamment les Douanes,
travaillent avec leurs homologues européennes pour traiter cette
question. Comme ces règles contribuent à une application efficiente et
optimale des mesures ou instruments de politique commerciale telles les
mesures de sauvegarde. A ce sujet, le représentant du ministère du
Commerce a estimé que le recours à de telles mesures est encore
possible, durant les prochaines années pour les entreprises et secteurs
potentiellement vulnérables, dans la mesure où une marge de manœuvre
existe et que la perception dudit accord d’association doit être
globale, à même de transcender les aspects critiques et négatifs et de
promouvoir la coopération idoine. Rappelons à ce titre, que l’Algérie a
pu renégocier et reporter jusqu’à 2020 la création de la zone de
libre-échange algéro-européenne prévue initialement en 2017 par l’accord
d’association signé en 2002 et entré en vigueur dès septembre 2005, et
obtenir le rétablissement ou le gel des taux de droits de douanes pour
1058 lignes tarifaires couvrant un grand nombre de filières et branches.
Notons également que le démantèlement tarifaire a atteint un taux de 12%
en 2012 (il était à 18% en 2010) selon le représentant du département de
Mustapha Benbada. A charge cependant que le tissu entrepreneurial
national, notamment privé, puisse réussir sa mue grâce à une mise à
niveau davantage opérationnelle et stimulante et améliorer sa
compétitivité, le doute étant permis à ce propos. •Ceci outre la
nécessité de remédier aux dysfonctionnements de l’environnement
entrepreneurial, d’améliorer le climat des affaires en Algérie comme le
relèvera le président de Care, Slim Othmani. Comme il s’agit de la
nécessité d’une libéralisation des services qui ne doit pas se faire de
«manière inconsidérée», relève le directeur général de l’Agence
nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), Mohamed Bennini.
Intervenant lors des débats, le responsable de l’Algex a fait état de la
prégnance de l’informel et de l’absence d’éthique et de transparence
même dans le secteur des services. Autre condition, le volontarisme des
entreprises à formuler des requêtes si elles s’estiment lésées, des
difficultés se posant à ce sujet, selon le directeur général de la
Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci), Mohamed Chami. Ce
dernier, qui préside une commission de suivi des accords d’association,
a ainsi évoqué le manque, voire des défaillances en matière
d’information. Néanmoins, cette dynamique de protection économique si
elle se concrétisait permettrait également une mise en œuvre de l’accord
d’association davantage optimale, efficiente et rationalisée, sur la
base d’études d’impact régulières et propres aux pays maghrébins. «Nous
nous dirigeons vers l’élaboration d’études d’impact régulières», dira
justement le représentant du ministère du Commerce, soucieux d’une
évaluation plus approfondie des rapports algéro-européens dans le cadre
de la mise en œuvre de cet accord. A ce propos, le directeur général de
l’Algex avait estimé auparavant que l’ouverture commerciale du pays a
été «mal entamée» et que le démantèlement tarifaire s’est déroulé de
«manière unilatérale », comme il avait évoqué «l’absence d’instruments
efficients de mise en œuvre et suivi dudit accord». Or, il n’y a eu
qu’une seule étude d’impact de l’accord d’association, réalisée au
demeurant par l’Union européenne et non validée au demeurant par les
autorités algériennes, relève ce responsable en charge de la promotion
du commerce extérieur. Notons dans ce sens que la balance commerciale
est restée très déséquilibrée hors hydrocarbures pour l’Algérie, avec
une Union européenne qui «accapare » 52% de parts de son commerce
extérieur, et un afflux d’IDE qui n’a connu aucune évolution
significative.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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