Meziane Boussaïd, le déliré des couleurs

Lesoir; le Jeudi 29 Novembre 2012
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Par Koussaïla Zeggane
Actuellement, il participe à la 5e édition du Salon de l’automne des
arts plastiques qui se déroule au Palais de la culture d’Alger depuis le
31 octobre, et ce, jusqu’au 31 janvier 2013 ; Meziane Boussaïd nous fait
voyager dans son univers au travers de ses peintures. Né en 1975 à
Iazouguen (Azazga), il grandit au cœur de la Kabylie où il effectua ses
études primaires. Dès l’âge de six ans, son amour pour le dessin se fait
ressentir. Le milieu familial où il a grandi, la beauté des paysages de
sa région et les images enfouies au plus profond de son être ont
fusionné avec sa grande sensibilité pour donner naissance à de la
matière qu’il dépose sur la toile avec une grande dextérité. Meziane
Boussaïd se dit être de toutes les régions d’Algérie, il a voyagé,
habité et fait escale dans plusieurs villes du pays où n’en fut pas
moins son expérience qui nourrit à chaque fois sa peinture. A 17 ans, il
expose pour la première fois ses enveloppes décorées à la maison de la
culture Kacem Naït Belkacem de Tissemsilt. «Un jeune artiste
autodidacte, Meziane Boussaïd qui retient l’attention… », écrivait la
Nouvelle République à l’époque. Il obtient son baccalauréat en 1994 puis
entre à l’Institut national de génie mécanique de Boumerdès et obtient
son diplôme de technicien supérieur en maintenance industrielle. Très
vite, il abandonne ses projets dans ce domaine et s’inscrit
immédiatement à l’École des Beaux-Arts d’Alger pour cinq années de
cursus où il a pu exaucer son rêve.
«Le corps comme un paysage ou le paysage comme un corps»
Il compte à son actif plusieurs expositions collectives et
individuelles ; en 2003, il a été sélectionné pour une exposition à
Paris dans le cadre de l’année de l’Algérie en France en collaboration
avec l’association Le Génie de la Bastille, «Meziane présentait alors
des travaux sur papier d’une grande sensibilité et d’une réelle
authenticité, puisant son inspiration dans un univers intime à la
frontière de l’organique et du végétal. Ses dessins, économes de moyens,
se cantonnant le plus souvent dans l’utilisation de la mime de plomb, de
tonalités grises, voire noires, disant mieux l’essentiel qu’une débauche
de couleurs. Les œuvres de Meziane Boussaïd sont habitées d’une présence
humaine discrètement suggérée. Le corps comme un paysage ou le paysage
comme un corps ? Cette distinction ne doit pas être faite et nous n’en
éprouverons que plus trouble. Cette tendance, d’une austérité grave,
s’est accentuée dans les œuvres les plus récentes où le noir joue une
savante partition avec le blanc. Meziane Boussaïd va chercher l’émotion
au plus profond de luimême, là où l’inconscient et l’univers se
rejoignent», disait Jean- Jacques Lapoirie, artiste peintre français, à
son encontre. Meziane Boussaïd possède plusieurs cordes à son arc,
puisqu’l a travaillé en tant que sérigraphe aux Ateliers d’Alger en
2002, puis a participé comme scénographe assistant pour «les Rois
numides» au Musée national Cirta de Constantine et «Koutama et la
civilisation fatimide 2e Edition» à la maison de la culture de Mila en
2008. Il a été sollicité dans la décoration de plusieurs crèches et
écoles primaires, et la réalisation d’une presse traditionnelle à
Tazmalt.
Une volonté de fer
Récemment, il fut l’invité de l’association d’art plastique El Basma
de Sidi-Bel-Abbès présidée par M. Farid Daz où il a exposé pas moins de
120 œuvres de différentes techniques (fusain, aquarelle, peinture…) sous
le thème «Azzerb b wussen» (La Haie des jours), plusieurs artistes
commenteront : «(…) Un produit de plusieurs périodes qui lui ont permis
de scinder ses travaux selon les circonstances d’inspiration et les
humeurs», écrit K. Benkhlouf. Aussi dira Mme Boussaïd- Mekideche : «D’un
pas sûr doté d’une volonté de fer, l’artiste Meziane Boussaïd pénètre
dans les abysses de son âme afin d’y découvrir de nouvelles formes qui
flirtent avec son vécu et ses émotions. Ses œuvres sont le miroir de ses
joies et peines, ses maux sont ses formes et couleurs crues et sombres
qui se déposent afin d’immortaliser un instant de vie. Il jubile à la
fin de chacune de ses œuvres même si certaines extériorisent une
souffrance ou une mélancolie.» En mai 2006, son nom fera son entrée dans
le dictionnaire des artistes algériens de Mansour Abrous, paru aux
éditions l’Harmattan. Aujourd’hui, il est professeur de peinture à
l’École régionale des Beaux-Arts d’Azazga. Cette année sera clôturée par
deux expositions, l’une collective du 13 au 30 novembre à la galerie
d’art Ezzou’Art du centre commercial de Bab Ezzouar d’Alger à l’occasion
du 50e anniversaire de l’Indépendance. L’autre individuelle, où il sera
l’hôte du Café littéraire de Béjaïa pour reproduire l’exposition «La
Haie des jours» à la maison de la culture Taous- Amrouche du 1er au 15
décembre à Béjaïa.

Categorie(s): voxpopuli

Auteur(s): lesoir

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