OUVERTURE DE L’AUDIOVISUEL: Prudence !

Lesoir; le Mardi 4 Decembre 2012
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Pas un traître mot sur les capitaux étrangers. Les séminaristes, qui se sont attelés sur la question les 1er et 2 décembre derniers à Djenane El Mithak, ont recommandé l’«ouverture au privé national, l’indépendance du secteur public de l’audiovisuel et la création d’une autorité de régulation ». Plutôt une ouverture partielle…
Lyas Hallas – Alger (Le Soir) – Le consensus qui s’est formé au sein
de l’atelier consacré au «droit de l’audiovisuel et la régulation»
suggère la prudence : «Définir des règles prudentielles régissant les
conditions d’éligibilité à la création de services audiovisuels
autorisés, aux plans économique, technique et de contenu des programmes
». Ainsi, a-t-on convenu, il serait «nécessaire de consacrer la liberté
de la communication audiovisuelle dans le sens d’une ouverture de
l’activité audiovisuelle à l’investissement privé national et de
l’indépendance du secteur public de l’audiovisuel». Et de souligner :
«Faire prévaloir les sujétions de service public sur tous les services
de communication audiovisuelle quel que soit leur statut.» Les missions
de régulation, ajoute-t-on, doivent être confiées à une «autorité
indépendante, dotée de prérogatives de puissance publique et disposant
de moyens et de ressources appropriés ». Des missions consacrant «le
respect des principes et obligations contenus dans le projet de loi,
notamment l’indépendance du secteur public audiovisuel, la prédominance
de la notion de service public et le respect des règles prudentielles».

Protectionnisme
L’atelier consacré à l’«industrie des programmes» a fait néanmoins
dans le syndicalisme en faveur des producteurs locaux. Ses
recommandations se résument en la «nécessité d’aide à la production
nationale aussi bien en amont, par l’adoption de règles préférentielles
(quotas), qu’en aval, par la création de mécanismes de soutien
financier». Et d’insister pour que le projet de loi «consacre la
spécificité des entreprises de production des contenus afin qu’elles
puissent bénéficier des aides publiques». Dans son allocution de
clôture, le ministre de la Communication, Mohamed Saïd, a promis, en
tout cas, de favoriser les producteurs nationaux. Ceci, tout en prêchant
la circonspection : «Aux gens qui insistent pour qu’on ouvre vite, je
dis que faire vite ne veut pas dire se précipiter. Le consensus qui
s’est construit a insisté sur la mise en place de garde-fous. Or, pour
qu’on ouvre et maintienne l’ouverture, nous devons réunir les conditions
techniques nécessaires, et ce, afin d’éviter les embûches». Et de
conclure : «Le débat était riche lors de ce séminaire. Nous restons à
l’écoute de toutes les parties prenantes, en vue d’approfondir ce qui
nécessite encore un approfondissement. L’essentiel pour le moment est
d’ouvrir le champ. C’est un long processus qui nécessite beaucoup
d’efforts. Mais, je rassure les opérateurs, que nous allons créer un
environnement concurrentiel valorisant les compétences nationales et
tout le monde y trouvera son compte, incha’Allah».
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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