Ouverture, demain, du procès Sonatrach-Saipem: Milan résonne à Alger

Lesoir; le Mardi 1 Decembre 2015
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C’est en principe demain, mercredi, que s’ouvrira au
tribunal de Milan l’attendu procès de l’une des affaires de corruption
transnationales mettant en cause des Italiens et des Algériens impliqués
dans des transactions douteuses entre la Sonatrach et la Saipem, filiale
du groupe italien ENI.
Une affaire dont la genèse remonte à il y a presque cinq ans, lorsqu’une
perquisition, ordonnée par le parquet de Milan, donnait lieu à la
découverte dans le domicile de Pietro Varone, dirigeant de la Saipem, de
documents jugés confondants, liant la firme italienne à un cabinet
d’affaires domicilié à Hong Kong, dont l’un des propriétaires est Farid
Nouredine Bedjaoui, et dont les services ont été requis pour permettre
aux Italiens de décrocher des contrats avec la Sonatrach. Services pour
lesquels Farid Bedjaoui se fait gracieusement rétribuer, jusqu’à amasser
un pactole avoisinant les 180 millions d’euros.
Une affaire, parmi d’autres aussi retentissantes, qui a eu son effet
dans les arcanes des pouvoirs et des services en Algérie, et par
d’inévitables ricochets en Italie, bien sûr, et d’autres pays vers où
s’étendaient les tentacules de l’organisation mise sur pied par le très
recherché Farid Bedjaoui et ses présumés partenaires, dont l’ex-ministre
de l’Energie, Chakib Khelil, et Paolo Scaroni, un cadre de l’ENI, le
géant pétrolier italien, qui ont tous deux été finalement lavés de toute
implication dans cette affaire puisqu’ils ne figurent ni parmi les
prévenus ni même les témoins bien que leurs noms revenaient souvent lors
de la longue instruction.
Farid Bedjaoui, Samir Ouraed et Omar Habour, tous en fuite, répondront
de leurs actes de corruption aux côtés de Pietro Tali, l’ancien
administrateur délégué de Saipem, Pietro Varoni, l’ex-directeur des
opérations de la même société, ainsi qu’Alessandro Bernini, l’ancien
directeur financier de la filiale de l’ENI. Ces trois derniers qui
trouveront place sur le banc des accusés aux côtés du détenu, le seul
dans cette affaire, Tulio Orsi, l’ancien numéro un de la Saipem en
Algérie, qui avait conclu un marché avec le parquet de Milan quant à sa
peine contre la divulgation de certains secrets de cette scabreuse
histoire.
Une de ces affaires qui, naturellement, a fait les choux gras de la
presse nationale et alimenté, à ce jour d’ailleurs, les discussions chez
le commun de nos compatriotes qui se retrouvaient, comme jamais,
alimentés en informations «monstrueuses» sur l’étendue de la corruption
dans le pays et, comme par hasard, assistaient tout penauds au début des
malheurs du DRS, dont le service de la police judiciaire était justement
à l’origine de l’ouverture de ces dossiers d’un retentissement jamais
égalé, eu égard à la «qualité» des personnalités présumées impliquées.

Les montées au créneau, d’une part, d’autres personnages de premier rang
pour crier à la machination contre Chakib Khelil notamment, et
l’entourage immédiat du président de la République donc, et d’autre
part, les partis de l’opposition qui ont enfin eu du grain à moudre
comme jamais ils ne l’espéraient pour partir en guerre ouverte contre le
pouvoir en place, donnèrent une toute nouvelle tournure au débat
politique dans le pays.
L’attention sera donc focalisée demain sur la Lombardie d’où il est
attendu que sorte un début de déballage sur les rouages d’un système qui
a écorné, pour ne pas dire plus, ce qui reste de l’image du pays, auprès
de ses propres citoyens d’abord.
M. Azedine

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. Azedine

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