Pathologies cancéreuses en Algérie: L’environnement professionnel mis en cause

Lesoir; le Samedi 28 Novembre 2015
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Si les différentes pathologies cancéreuses
surviennent pour des raisons multifactorielles, mettant en cause la
génétique, le mode de vie et l’activité professionnelle, un pourcentage
important de ces lésions est lié à l’environnement et à l’activité
professionnelle.
Le sujet a été abordé, mercredi dernier, à l’occasion de la 21e journée
médico-chirurgicale du CHU de Tizi-Ouzou. Les cancers
broncho-pulmonaires et l’exposition professionnelle est le thème de la
communication de Z. Hassina, maître assistante au CHU de Tizi-Ouzou et
exerçant au service de médecine du travail du même établissement s’est
intéressée à la relation causale entre les pathologies cancéreuses
localisées au niveau de l’appareil broncho-pulmonaire et l’exposition
professionnelle. Sur les 45 000 lésions cancéreuses de différentes
localisations du corps recensées annuellement en Algérie, un pourcentage
important pourrait être attribué au cancer broncho-pulmonaire d’origine
professionnelle (risques professionnels).
A l’échelle mondiale,19% de tous les cancers peuvent être attribués à
l’environnement et au milieu professionnel, rapporte l’auteur de la
présentation qui se réfère aux chiffes du (CIRC), Centre international
de recherche sur le cancer.
70% des cancers dus à l’influence du milieu professionnel sont des
cancers broncho-pulmonaires, selon la même source citée par l’exposé de
Z. Hassina qui indiquera que le phénomène de l’exposition aux agents
cancérogènes en milieu du travail est sous-estimé en Algérie, mettant en
cause plusieurs facteurs : le manque de suivi médical des travailleurs
en milieu professionnel, et, conséquemment, le retard dans le diagnostic
de ces lésions qui se caractérisent par un long processus de latence et
de formation.
«Du fait du long temps de latence nécessaire à l’apparition d’un cancer
qui met 10 ans et jusqu’à 40 ans, en général, pour apparaître, les
cancers professionnels sont souvent diagnostiqués longtemps après la
cessation de l’activité professionnelle», dira l’intervenante qui
souligne «le manque de sensibilisation des médecins traitants qui
n’interrogent pas les patients sur leurs antécédents professionnels et
la méconnaissance des nuisances auxquelles les patients ont pu être
exposés durant leur vie professionnelle», dira l’auteur de la
communication qui a insisté, en conclusion de son intervention, sur la
prise de conscience de cette réalité et la reconnaissance des cancers
professionnels basée sur un suivi médical efficace et continu des
travailleurs exposés aux agents cancérogènes pour prévenir et élaborer
des diagnostics potentiels.
«Une meilleure reconnaissance des cancers professionnels permettra de
mettre en place une politique plus efficace de prévention des
expositions professionnelles», estimera-t-elle, enfin.
S. A. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. M.

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