Pendante devant la cour suprême depuis 4 années: L’affaire des cadres de la DGSN rejugée ce mardi

Lesoir; le Dimanche 7 Decembre 2014
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Après plusieurs années d’attente, l’affaire des
cadres de l’Ecole supérieure de police de Châteauneuf sera de nouveau
rejugée. Le procès après cassation auprès de la Cour suprême aura lieu
le 9 du mois en cours au niveau de la cour d’Alger. Du côté de la
défense, on promet des révélations fracassantes.

Abder Bettache - Alger (Le Soir)
L’affaire est unique et restera gravée dans les annales de la Sûreté
nationale. En effet, pendante devant la Cour suprême depuis quatre
années, l’affaire de l’ex-directeur de l’Ecole supérieure de police de
Châteauneuf sera de nouveau rejugée.
Le procès aura lieu mardi prochain après la décision prise par les
magistrats de la Cour suprême qui ont donné une suite favorable au
pourvoi de cassation introduit par la défense, en renvoyant l’affaire de
nouveau devant le tribunal correctionnel.
Le procès en question, faut-il le rappeler, se tiendra après deux
jugements. Le premier a eu lieu en première instance, soit au niveau du
tribunal correctionnel de Sidi- M’hamed, alors que le second, soit le
procès en appel, s’est tenu au niveau de la cour.
Pour rappel, l’ex-directeur de l’Ecole supérieure de police de
Châteauneuf avait été condamné en dernière instance (cour) à trois
années de prison, dont une avec sursis. La même juridiction a prononcé
des peines allant de deux années à une année avec sursis respectivement
à l’encontre de l’ex-commissaire de police Corso Abdelkader, de Zebouchi
et Amrar-Sid, alors que Ziane Khaled a été relaxé.
Les huit autres personnes poursuivies dans la même affaire mais non
détenues, et contre lesquelles l’avocate générale a requis des peines de
cinq années de prison ferme, ont tous bénéficié de la relaxe. Il s’agit
notamment de Guettaf, Sansari, Hanane, Bouraï, Hadadi et Ouahab, pour
lesquels les avocats ont plaidé la relaxe.
Pour rappel, dans cette affaire, 12 personnes dont 5 en détention, ont
comparu devant la deuxième chambre pénale du tribunal correctionnel de
Sidi-M’hamed pour les chefs d’inculpation de «trafic d’influence, abus
de pouvoir et faux et usage de faux».
Les personnes mises en cause exerçaient toutes au niveau de l’Ecole
supérieure de police de Châteauneuf. Cette affaire avait éclaté au
lendemain d’une lettre anonyme faisant état d’un trafic autour des
examens d’accès au grade de commissaire principal, citant nommément le
commissaire Corso Abdelkader.
La lettre en question a été adressée à feu le directeur général de la
Sûreté nationale, qui avait aussitôt exigé l’ouverture d’une enquête.
Lors de son passage à la barre, le représentant de la Direction générale
de la Sûreté nationale, Acef Rabia, avait affirmé «qu’il y a eu fraude,
trafic d’influence et abus de pouvoir de la part des mis en cause».
Des propos que le principal mis en cause dans cette affaire, en
l’occurrence l’ex-directeur de l’Ecole supérieure de Châteauneuf, ainsi
que Dridi Merzouk, avaient niés. Il avait expliqué que «les erreurs
constatées sur les copies sont d’ordre administratif et de ce fait,
elles n’ont aucune incidence sur les résultats des épreuves».
Il avait déclaré également que «les correcteurs sont en majorité des
directeurs centraux de la DGSN, alors que ceux de l’école ne constituent
que la minorité», tout en se demandant «comment mon nom a-t-il pu être
cité dans cette affaire».
Dridi Merzouk ajoutera que depuis dix ans, «la hiérarchie l’instruisait
d’ajouter des points à certaines catégories comme les officiers de la
police judiciaire et des unités de sécurité (URS) ainsi que les
artificiers». Il avait rappelé que dès qu’il avait été informé de la
lettre anonyme, il a lui-même demandé une enquête sur le cas Corso
Abdelkader.
«Il n’y a pas eu de trafic ; d’ailleurs, une mission de contrôle de la
Fonction publique a revu toutes les épreuves et elle n’a rien trouvé
d’anormal», n’a cessé de répéter l’ex-directeur de l’Ecole supérieure de
police.
Le procureur, quant à lui, resté silencieux durant les débats, a requis
10 ans de prison contre Dridi, 8 contre Zebouchi Fateh, 5 contre Guettaf,
Ziane, Boudraâ, Ouahab et Corso, ainsi qu’une peine d’un an contre
Hadadi, Sansari et Hamr El-Aïn.
Les plaidoiries qui ont vu près d’une quinzaine d’avocats se succéder à
la barre ont été axées sur le fait que «le cahier des charges tel
qu’élaboré par la Fonction publique a été respecté scrupuleusement ».
«Il y a eu respect de la réglementation et à aucun moment on a vu ces
soi-disant victimes, lésées lors de ce concours», a-ton indiqué.
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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