PRISE EN CHARGE DES ENFANTS NES SOUS X: Une association plaide pour une prolongation de l’âge de 25 ans

Lesoir; le Dimanche 7 Decembre 2014
2

L’association «Etifl El Barie» plaide pour prolonger
la prise en charge des enfants nés sous X et autres enfants privés de
famille jusqu’à l’âge de 25 ans.

Rym Nasri - Alger (Le Soir)
«Mettre un adolescent à la rue dès l’âge de 18 ans est une chose
grave», a déclaré Mme Zohra Faci, sociologue et membre de l’association
«Etifl El Barie» (l’enfant innocent) hier, lors d’une rencontre sur la
prise en charge psychologique et sociologique de l’enfant privé de
famille, tenue à Alger.
Soulignant que cet adolescent a été privé de tous ses repères, elle
s’interroge : «Comment lui couper le seul cordon ombilical qui le relie
au centre des enfants assistés où il a toujours vécu ?».
La sociologue plaide ainsi pour la prolongation de la prise en charge
des enfants privés de famille jusqu’à l’âge de 25 ans. «A 25 ans, ces
personnes sont adultes et pourront être plus ou moins responsables et se
prendre en charge», dit-elle.
Pour ce faire, elle suggère la création de centres spécialisés. «Ces
structures permettront d’héberger ces adolescents, une fois qu’ils
quittent le centre des enfants assistés, et ce, jusqu’à l’âge de 25
ans», explique-t-elle.
Mme Zohra Faci évoque l’«intolérance» de la société algérienne envers
les mères célibataires et les enfants nés sous X. «Où est la
responsabilité du père ?», s’indigne-t-elle.
Selon elle, il est hors de question que la mère célibataire continue à
porter cette responsabilité toute seule «il faut que l’Etat intervienne
pour obliger le père à reconnaître son enfant et à lui octroyer son
nom», dit-elle.
Elle estime qu’au lieu d’accorder à la mère trois mois après
l’accouchement, pour décider de garder son nouveau-né ou de le céder à
la pouponnière, «il faut plutôt enquêter et trouver le père pour qu’il
assume ses responsabilités envers l’enfant».
Même constat chez la psychologue, Mme Souhila Zemirli qui souligne la
cruauté de la société envers les mères célibataires. «Pourquoi
culpabiliser ces femmes ? Nous n’avons pas le droit de les juger»,
dit-elle.
Selon elle, même l’enfant n’échappe pas aux jugements de la société. Des
jugements qui, souvent, «détruisent» cet enfant. D’ailleurs,
poursuit-elle, «nombre d’entre eux n’hésitent pas à tenter le suicide».

Quant aux enfants adoptifs, Mme Souhila Zemirli affirme qu’ils sont
souvent «choqués». «Il n’y a pas plus grande souffrance que de découvrir
qu’ils sont des enfants adoptifs à l’âge de l’adolescence».
Elle dénonce ainsi le fait de cacher à ses enfants leur statut.
«L’enfant doit être mis au courant avant sa scolarisation afin de lui
éviter des problèmes psychologiques», a-t-elle ajouté.
Ry. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Ry. N.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..