REBELLION À L’APN, DÉSERTIONS DANS LE SÉRAIL,…: L’opposition se renforce

Lesoir; le Mercredi 2 Decembre 2015
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Le pouvoir doit, désormais, compter avec une
opposition plus que jamais mieux visible et plus crédible, soucieuse de
se concentrer sur l’essentiel, laissant de côté, pour chacun de ses
acteurs, ses spécificités idéologiques.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Et beaucoup d’indices donnent à
penser que cette opposition est en train de mûrir, certes lentement,
mais sûrement. Dernier en date, l’inédite séance de vote à l’APN du
projet de loi de finances qui a vu tous les parlementaires des partis de
l’opposition (PT, FFS, Alliance de l’Algérie Verte, Mouvement de
l’édification nationale, FJD et quelques députés indépendants), agir en
communion pour signifier leur rejet du projet de loi de finances 2016.
Plus que cela, ils partagent même l’argumentaire de rejet, estimant dans
un communiqué conjoint que le texte voté «confirme l’implication des
hommes d’affaires et de l’argent sale» dans son élaboration puisque
consacrant «la privatisation de l’État après celle du pouvoir» et
annulant le «caractère social de l’État et appauvrit le citoyen». Une
appréciation que partage, par ailleurs, l’opposition non représentée à
l’APN, entre autres, le parti des Avant-gardes des libertés, le RCD et
Jil Jadid.
Et avant cette rébellion parlementaire qui fera certainement date et qui
donnera à réfléchir dorénavant au duo du pouvoir, FLN-RND, se prévalant
d’une majorité qu’elle lui dénie, «factice qu’elle est puisque
l’émanation d’une fraude généralisée érigée en pratique électorale»,
selon elle, cette même opposition voit se renforcer dans son
argumentaire qu’elle n’a de cesse de plaider depuis des mois.
Et l’initiative des 19-4 personnalités, pour la quasi-majorité des
partisans zélés du Président il n’y a pas longtemps, qui ont, le 1er
novembre dernier, sollicité une audience au président de la République
pour s’assurer de sa paternité des dernières décisions, même si elle a
suscité des réserves de certains acteurs de l’opposition qui y voient
l’instrument d’un clan du pouvoir en position de faiblesse, ne cesse de
conforter cette dernière dans son constat qu’elle fait de la situation
du pays : vacance du pouvoir à son plus haut niveau, paralysie des
institutions de l’Etat et un pouvoir parallèle en train de grignoter les
prérogatives et faire main basse sur l’Etat.
Autre élément tout aussi récent plaidant pour une consolidation plus que
probante de la position de l’opposition que le pouvoir accusait il n’y a
pas longtemps de «manquer d’alternative», s’en moquait et la tournait
même en dérision. L’appel du secrétaire général du MPA «aux démocrates
où qu’ils se trouvent, dans les institutions de l’Etat, dans
l’opposition ou dans la société civile pour continuer le combat pour une
Algérie libre, démocratique et républicaine» et son refus de rejoindre
l’initiative du FLN qui consacre, selon lui, comme l’ont déduit presque
tous les segments de l’opposition, comme «un retour au système du parti
unique qui a causé l’avènement du terrorisme».
Une sortie à ajouter à celles de l’ex-ministre de la Défense nationale,
Khaled Nezzar, de l’avocat Mokrane Aït-Larbi au sujet du procès et de la
condamnation du général Hassan.
Autant d’éléments qui ajoutent de l’eau au moulin d’une opposition
visiblement en passe de dépasser un cap psychologique important : celui
de faire jonction avec tous ses acteurs, fort nombreux à se décider,
enfin, à briser l’omerta qu’ils subissent depuis le temps.
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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