RÉGULARITÉ DE LA PRÉSIDENTIELLE: Bélaïz répond à l’opposition

Lesoir; le Mercredi 6 Novembre 2013
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Il sont cinq candidats à la présidentielle d’avril
prochain aux côtés desquels s’ajouteront bien d’autres. Et, déjà, un
dénominateur commun chez ces postulants : personne ou presque parmi ce
quintette n’a émis le préalable de transparence et de régularité du
scrutin auquel ils escomptent prendre part. Du moins pas dans la
proportion revendiquée par bien d’acteurs politiques dont certains
assujettissent justement leur participation à la course par cet
impératif de régularité et de transparence.
Mohamed Kebci - Alger (Le Soir)
Des acteurs unanimes à revendiquer
tout simplement et à l’unisson à ce que le ministère de l’Intérieur et
des Collectivités locales soit déchargé de la mission des élections de
quelque nature qu’elles soient. Une exigence et un impératif dont
certains partis et personnalités nationales font leur cheval de bataille
depuis notamment les dernières législatives de mai 2012 et les locales
de novembre de la même année. Un double scrutin qui a eu le mérite de
mettre d’accord presque l’essentiel de l’opposition, exception faite,
bien entendu, des partis du pouvoir au vu, selon eux, de la fraude
généralisée et sans précédent», enregistrée à l’occasion. Et comme
alternative, ces partis proposent une commission nationale permanente
qui prendra en charge tout processus électoral de bout en bout. Mais en
haut lieu, ces exigences ne semblent pas susciter l’écho escompté. Et
pour cause, le nouveau ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des
Collectivités locales vient d’en donner la preuve, irréfutable. Tayeb
Bélaïz a, en effet, affirmé, avant-hier, en marge de la cérémonie
d’installation du nouveau wali de la capitale, que «c'est à
l'administration qu'échoit la mission d'organiser et d'encadrer les
élections partout dans le monde et elle ne saurait, de ce fait, en être
écartée». Et le ministre de préciser que «partout dans le monde, même
dans les pays les plus démocratisés, c'est à l'administration qu'échoit
la mission d'organiser et d'encadrer le processus électoral». Une
mission régie, tiendra-t-il à rappeler, par la loi électorale qui
«consacre une commission nationale de surveillance des élections en lui
conférant de larges prérogatives, depuis le début de la révision des
listes électorales jusqu'à la fin du processus».
Bélaïz acculera davantage les partis qui revendiquent une entité
indépendante pour les élections en rappelant aussi que cette instance
est composée de «représentants des formations politiques, toutes
obédiences confondues». Ceci non sans les accuser d’incapacité à assurer
le contrôle global de tous les bureaux de vote. «Même si ces partis sont
en droit de demander à ce que le ministère de l'Intérieur soit écarté de
l'organisation et de l'encadrement des élections, il ne fait aucun doute
que ces formations et autres ne sont pas en mesure d'assurer le contrôle
global de tous les bureaux de vote», soulignera encore le ministre de
l’Intérieur pour qui l'Algérie «n'a jamais rejeté de demande de quelque
partie que ce soit pour participer en qualité d'observateur à ses
échéances nationales et elle ne le fera jamais, pour peu que les lois de
la République et sa souveraineté nationale soient respectées».
Une réponse adressée, celle-ci, à l’Union européenne dont une délégation
a séjourné récemment chez nous pour «rappeler» l’Algérie quant à son
«oubli» de ses recommandations soumises à l'issue des législatives du 10
mai 2012, l’ex-ministre de l’Intérieur, Noureddine-Yazid Zerhouni ayant,
pour rappel, promis d’en prendre compte pour les besoins des prochaines
consultations électorales.
A signaler que cette délégation du Parlement européen a appelé, la
semaine dernière, l’Algérie à prendre davantage de mesures en faveur des
libertés publiques et à user de la transparence dans la manipulation du
fichier électoral, paramètre, selon elle, «essentiel» pour une élection
libre. Une délégation dont la mission était de s'assurer de la mise en
œuvre des recommandations faites par l'UE à l'issue des élections
législatives de mai 2012, notamment concernant le fichier électoral. «Il
est dans l'intérêt de l'Algérie que les élections soient libres. Le
fichier électoral est un paramètre essentiel. Nous souhaitons le
règlement de ce problème avant l'élection présidentielle», soutiendra, à
ce propos, Pier Antonio Panzeri, le président de cette délégation.

La classe politique accuse
Côté classe politique, cette sortie de Bélaïz n’était pas de celle à
passer inaperçue. Pour le RCD, les propos du ministre de l’Intérieur
confirment une «constance dans la volonté du pouvoir d’empêcher toute
expression souveraine des électeurs». «En commis zélé et fidèle au
suzerain du moment, le ministre de l’Intérieur ne fait qu’exprimer un
choix dicté», soutiendra Athmane Mazouz, le chargé de la communication
au sein du parti pour qui «la récente confiscation tribale du
gouvernement et des institutions-clés dans l’organisation des élections
ne fera qu’imposer le choix de la tribu face à celui de la nation». Pour
sa part, le secrétaire général de Jil Jadid et un des candidats à la
présidentielle prochaine, dira qu’il «n’est pas question de laisser
faire Bélaïz». Soufiane Djillali évoquera une démarche commune à
plusieurs partis et personnalités nationales à l’effet de «préciser les
mécanismes de contrôle de ces élections».
Du côté MSP, on tient à rappeler que «depuis 1995, tous les scrutins ont
profité aux seuls partis du pouvoir grâce à l’administration»,
rejoignant le président d’El Moustaqbal qui soutenait la semaine
dernière que «c’est l’administration qui fraudait et pas le DRS», dans
une réplique au patron du FLN. Le chargé de la communication au sein du
mouvement de Mokri évoquera également la question de la capacité des
partis à assurer un contrôle global des élections, mettant le doigt sur
le fait que «seuls 5 représentants de partis sont autorisés à assurer
cette mission dans un bureau. Ce qui fait que souvent, ces bureaux sont
vides, le tirage au sort effectué sourit souvent aux partis sans assise
ou proches du pouvoir», précisera Zineddine Tebbal.
Le président du FNA pense tout le contraire, lui le candidat depuis des
semaines à l’élection prochaine, qui estime que seule une participation
massive à ce rendez-vous électoral pourra constituer la panacée contre
toute velléité de fraude. Moussa Touati ressassera, à l’occasion, sa
revendication du vote biométrique.
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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