SELON NEZZAR, LE PRÉSIDENT DÉTIENT LES PREUVES DE L’INNOCENCE DU GÉNÉRAL HASSAN: Bouteflika réagira-t-il ?

Lesoir; le Lundi 30 Novembre 2015
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Un pourvoi en cassation a été introduit hier matin
dans le dossier du général Hassan, condamné ce dimanche à 5 ans de
prison par le tribunal militaire d’Oran. Le verdict a scandalisé
l’opinion qui s’est exprimée à travers plusieurs voix dont celle du
général Nezzar lequel a cependant apporté une révélation de taille à
même de remettre toute l’affaire en question pour peu qu’une volonté de
faire éclater la vérité soit entreprise.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Cette volonté, on le sait, ne
peut émaner que des plus hautes autorités du pays, du président de la
République même puisque, selon Nezzar, il est détenteur d’une lettre
signée par le général Toufik au moment où il était encore en fonction
dans laquelle ce dernier affirme l’entière responsabilité des faits
reprochés à son ancien collaborateur.
Les propos de l’auteur de la révélation sont sans équivoque : «Alors
qu’il était encore en service, le général Toufik a adressé une
correspondance au président de la République pour expliquer les tenants
et les aboutissants de cette affaire. Il a souligné qu’en tant que chef
hiérarchique direct du général Hassan, il était responsable de tout ce
qui pouvait être reproché à ce dernier et qu’en conséquence, il en
assumait l’entière responsabilité. Il n’y a pas eu de réponse à ce jour»

L’information relevait jusque-là du domaine secret. Naturellement. Mais
aujourd’hui, elle relève du domaine public. Logiquement, elle devrait
amener les tenants du dossier à se pencher sur ce point nodal, ce pavé
ou du moins enclencher des recherches plus vastes auprès des principaux
concernés puisque c’est entre leurs mains que se situent toutes les
informations.
L’on comprend mieux d’ailleurs la démarche de Me Mokrane Aït Larbi qui,
en défenseur averti, a mis le doigt sur l’élément principal pouvant
conduire à l’éclatement de cette vérité tant réclamée par les avocats du
général Hassan.
Me Mokrane Aït Larbi avait compris que seul le témoignage du chef
hiérarchique direct de son client pouvait faire la lumière sur cette
affaire préférant se garder de toute déclaration même durant toute la
semaine qui a précédé le procès dans l’espoir de pouvoir mener à bien la
lourde entreprise dont il était en charge. Au lendemain du verdict, cet
avocat informe l’opinion, d’un ton amer et scandalisé, que le tribunal
militaire d’Oran avait rejeté la convocation du général Toufik. Le
général Nezzar saisit la balle au vol et l’envoie de l’autre côté de la
cour de la présidence de la République. Elle est désormais chez
Bouteflika, le premier magistrat du pays auquel Nezzar lance un appel
afin qu’il «mette un terme» à la situation qui prévaut dans le pays.
Inévitablement, le procès, le verdict qui l’a sanctionné, et la manière
même dont a été ficelée l’affaire dès son début ont été perçus comme des
éléments attestant de la dérive en cours. «Il est curieux, écrit Nezzar
à ce sujet, que ce procès intervienne à ce moment précis où des
turbulences sont enregistrées au plus haut sommet de l’Etat, la maladie
du Président, la course effrénée pour le pouvoir, la lutte des clans (…)
quelque chose va mal dans la maison Algérie (…) le Président doit y
mettre un terme».
Et voilà qu’il rejoint involontairement l’appel du groupe des 16 qui
avaient introduit une demande d’audience au Président Bouteflika afin
d’attirer son attention sur toutes ces dérives. La demande est restée
lettre morte. Selon les initiateurs de cette demande, le premier
responsable du pays est volontairement isolé de la réalité par un groupe
occulte. Difficile de s’avancer sur une quelconque piste envisageant une
réaction du premier magistrat du pays au sujet de la révélation de
Nezzar. Pourtant, et à en croire la même source, les poursuites dont
faisait l’objet le général Hassan «n’auraient jamais dû relever du
domaine pénal et auraient dû se limiter à l’aspect disciplinaire».
Sachant les risques qu’il encourt, Me Mokrane Aït Larbi a accusé le
tribunal militaire d’Oran d’avoir «chargé» le général Hassan en
convoquant deux témoins controversés comme témoins à charge : un «grand
trafiquant qui fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt et un officier
mis à la retraite par l’accusé pour des raisons que je ne veux pas
évoquer».
Le trafiquant, faut-il le souligner, a été condamné pour deux affaires
de trafic de drogue. Il doit comparaître dans deux autres dossiers.
L’avocat, lui, sait qu’il a pris des risques en transgressant la règle
qui interdit à quiconque, la défense y compris, de commenter ou
rapporter le déroulement des procès à huis clos, surtout dans les
tribunaux militaires. La gravité des faits semble l’y avoir contraint.
Comment pourrait-il en être autrement ?
A. C.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. C.

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