SOMMET DES CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT EUROPÉENS: L’euro sous haute surveillance

Lesoir; le Samedi 15 Decembre 2012
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Du siège du Conseil européen à
Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Ce énième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement a été, c’est vrai,
particulier, «d’une extrême importance» pour reprendre la langue de bois
bruxelloise … Pourtant, à y regarder de près, il n’y a pas de quoi
pavoiser.Une supervision bancaire en zone euro a, certes, été, décidée, ce qui rend éligibles à cette opération de contrôle deux cents établissements financiers sur 6 000 que comptent les 17 associés en monnaie unique. Du pipi de chat ! Non, sans doute pas, c’était le seul compromis possible entre les exigences fédéralistes allemandes et la social-démocratie à la sauce française de François Hollande. Le président français sait, parfaitement, que les choses ne peuvent pas rester en l’état. Soit il y a un plus vers l’intégration non pas seulement financière mais économique et fiscale, soit l’euro restera une monnaie apatride, risquant à tout moment une fin tragique, aux conséquences inimaginables et catastrophiques. Ce sommet a donc, pouvait-il en être autrement, marché sur des œufs pour préserver le moteur franco-allemand et ne pas trop fâcher, quand même, le Royaume-Uni. Les Britanniques, jaloux de leur monnaie qui n’est pas l’euro, véritable casse-tête pour les Européens, les 17 de la zone euro ou les 27 de l’Union sont, en définitive, les grands bénéficiaires de ce bric à broc bruxellois. La Perfide Albion, qui tourne le dos au Vieux- Continent, mais dont le cœur bat pour l’Amérique, aussi peu attachés à la construction européenne qu’ils sont farouches partisans d’une coopération atlantique privilégiée, unique, ne laissera pas, c’est certain, l'Europe se dérouler selon les exigences allemandes et les intérêts français… Pour les autres Européens, leur situation économique actuelle ne leur permet pas d’avoir droit au chapitre. L’Espagne, l’Italie, l’Irlande, le Portugal, les ex-de l’Est devenus plus Ouest que l’Ouest lui-même, n’ont pas les capacités d’inverser l’ordre des choses européens. Le voudront-ils qu’ils ne pourront pas. Ici, comme ailleurs, la notion de rapport de force reste de mise, l’Union européenne est un assemblage formellement multilatéral, mais en fait, ce n’est qu’une addition de relations bilatérales juxtaposées, les unes aux autres. La crise a montré les limites d’une telle fabrication. La Grèce, Etat défaillant, où ni la richissime Eglise orthodoxe, ni les armateurs couverts d’or et d’argent ne payent d’impôts, a reçu une «aide» de 49 milliards pour ne pas succomber et faire chuter avec elle les autres. A ce rythme, Athènes sera certes guérie mais morte. En coulisses, nous a-t-on dit, il a été question du Nord-Mali et quelques indiscrétions distillées savamment par la délégation et des journalistes français insistant sur le caractère «exceptionnel» de la visite de François Hollande en Algérie…
A. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. M.

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