Tendances: Et la suite ?

Lesoir; le Mercredi 2 Decembre 2015
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Youcef Merahi
merahi.youcef@gmail.com
Louisa
Hanoune n’a pas mâché ses mots pour décrier la loi de finances 2016 ;
elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle s’est emportée sur le
fameux article 71 figurant sur la première mouture de la loi, supprimé
en commission, puis réintroduit par l’administration. Une loi votée par
un Parlement ne peut, en aucun cas, être retoquée par un ministre. Je
crois que c’est un principe universel, sinon la hiérarchie des textes
est battue en brèche. Une loi ne peut être amendée par un texte de même
valeur, c’est-à-dire par une loi. N’est-ce pas une manière de confondre
deux pouvoirs distincts, entre l’exécutif et le législatif.
L’Algérie dispose d’un Parlement, une Assemblée populaire nationale. Que
cette Assemblée fasse donc le travail pour lequel elle a été élue, sans
entrer dans des considérations où on sera obligé de convoquer des
détails de la vie parlementaire. Louisa Hanoune ne fait pas, elle, dans
la dentelle ; elle dit tout simplement, pour que le peuple puisse
comprendre l’événement parlementaire, que l’introduction de cet article
est d’une «extrême gravité». Elle ne pense pas si bien dire ! J’aurais
aimé que le ministre des Finances nous explique le pourquoi du comment ;
je le vois d’ici militer pour des ajustements, des réajustements
budgétaires en cas d’un quelconque déséquilibre, au cours de l’année
2016. Mais pourquoi ne pas l’avoir fait pour l’année en cours ? Sur le
plan du principe, ça peut paraître judicieux, prudent et sage comme
modalité. Mais sur le plan du droit, le principe de la hiérarchie des
textes, lui, est battu en brèche. Alors, il aurait fallu à l’exécutif de
présenter un projet de loi de finances qui prend en compte tous les
aléas de calcul et de détermination des équilibres. Gouverner, n’est-ce
pas prévoir !
De mon côté, je vais aussi pinailler sur la sémantique. Notre ministre
des Finances nous assure qu’il n’y a pas d’annulation de projets, mais
de gel. C’est un peu comme pour l’enseignement de tamazight où il est
question d’enseignement optionnel, mais pas facultatif. La marge est
tellement mince que je peux facilement parler de synonymie. Le gel peut
durer longtemps, d’autant que le prix de notre pétrole est estimé, pour
l’année à venir, entre 50 et 60 dollars.
Y. M.

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): Y. M.

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