TRANSMISSION DU SIDA: Le dépistage, l’unique barrière

Lesoir; le Mardi 1 Decembre 2015
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Le dépistage reste la seule barrière à la
transmission du VIH. C’est ce qu’affirment les spécialistes qui
déplorent l’absence de la culture de la prévention et du dépistage.
Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Bien que lentement, le nombre de cas
séropositifs ne cesse d’augmenter d’année en année en Algérie. Depuis
1985 à ce jour, 7 874 cas séropositifs et 1 632 cas de sida ont été
recensés. «En 2014, nous avons enregistré 71 nouveaux cas séropositifs
alors qu’en 2015, le nombre de nouveaux cas a atteint 101», souligne le
docteur Fatma-Zohra Zmit, infectiologue à l’hôpital d’El-Kettar (Alger).
Selon elle, le sida demeure une maladie «honteuse» car, explique-t-elle,
«on l’impute toujours aux relations sexuelles. Or, il n’y a pas que les
rapports sexuels qui permettent la transmission de cette pathologie». Et
d’ajouter : «Elle est toujours considérée comme un tabou et une maladie
qu’il ne faut pas divulguer. D’ailleurs, les personnes atteintes se font
soigner en cachette et optent pour des centres de prise en charge loin
de leurs lieux de résidence».
Intervenant hier, au forum du quotidien El Moudjahid à Alger, à
l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le sida qui
coïncide avec le 1er décembre, Dr Zmit a insisté sur la nécessité du
dépistage notamment le dépistage prénuptial. «Il faut établir un test
avant le mariage afin d’éviter toute transmission du sida ou autre
maladie sexuellement transmissible. Il s’agit d’un bilan de sérologie et
non pas d’un certificat établi par le gynécologue», précise-t-elle. Pour
elle, il n’y a que la prévention et le dépistage qui peuvent barrer la
route à la transmission de cette maladie.
De son côté, le président de l’association solidarité Aids, Ahcène
Boufenissa, affirme que les jeunes connaissent bien le sida mais «ils
ont des notions fausses concernant la transmission et le dépistage».
Il souligne l’«absence» de culture de dépistage et de soins de soi dans
la société algérienne. Rappelant que 2 000 cas sont recensés dans les
hôpitaux et centres de prise en charge, Ahcène Boufenissa assure que ce
chiffre peut atteindre 3 000 cas puisque, dit-il, «il existe plusieurs
cas séropositifs non dépistés». Pourtant, précise-t-il, l’Algérie compte
19 centres de prise en charge spécialisés et 70 centres de dépistage.
«La problématique n’est pas dans la disponibilité des infrastructures
spécialisées mais plutôt incitation des gens à se faire dépister»,
explique-t-il.
Le président de l’association solidarité Aids souligne pour sa part, la
nécessité du dépistage prénuptial. «C’est un test recommandé par l’état
civil lors de l’établissement d’un acte de mariage mais malheureusement,
il y a une mauvaise interprétation», dit-il. Toujours est-il,
poursuit-il, «ce test ne protège pas de cette maladie. Cette pathologie
peut en effet être transmise plus tard si l’un des époux la contracte
ailleurs».
Ry. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Ry. N.

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