UN GENDARME TUÉ DANS UNE ATTAQUE ARMÉE À LA VEILLE D’UNE GRÈVE GÉNÉRALE : Grande tension en Tunisie

Lesoir; le Mercredi 12 Decembre 2012
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Sur fond de menace de grève générale, la Tunisie vit des moments de grande tension. Des affrontements avec des hommes armés ont fait un mort. Hier, les forces de sécurité tunisiennes n’étaient pas encore en mesure de préciser si les auteurs de l’attaque étaient des trafiquants ou des islamistes armés.
Nawal Imès- Alger (Le Soir) - Deux jours avant la date fixée par l’UGTT pour une grève générale décidée suite à l’attaque de son siège par des islamistes, des pourparlers étaient en cours hier pour tenter d’arracher un compromis pour l’annulation de la démonstration de force de la puissante centrale syndicale. Un nouveau round est prévu aujourd’hui encore au moment où l’UGTT maintenait intactes ses revendications. Elle revendique la dissolution de la Ligue de protection de la révolution soutenant le parti islamiste Ennahda. C’est dans ce contexte déjà tendu qu’un gendarme a été tué et quatre autres blessés dans des affrontements avec des hommes armés dans la région de Kesserine, frontalière de l’Algérie. Hier, les autorités tunisiennes n’avaient toujours pas arrêté les auteurs de cette attaque et ne précisaient toujours pas s’il fallait attribuer cet acte à des trafiquants ou à des groupes terroristes. Cette attaque intervient quelques jours après les mises en garde du président tunisien qui faisait état d’une quantité d’armes en circulation dans la région. Moncef Merzouki affirmait que «des quantités d'armes ayant appartenu au régime libyen sous Kadhafi sont passées aux mains des islamistes non seulement en Libye, mais aussi en Algérie et en Tunisie». Plusieurs titres de la presse tunisienne ont également fait part de leur inquiétude de la montée du salafisme. Des craintes qui interviennent dans un climat social des plus tendus. Le syndicat des employés de la Constituante de Tunisie, assemblée déjà vivement critiquée en raison de la lenteur de ses travaux, annonçait une grève de trois jours expliquant qu’«aucune solution ne nous a été présentée lors d'une réunion de conciliation et nous avons décidé de mettre en œuvre notre grève», expliquait le secrétaire général du Syndicat des agents et cadres de l'Assemblée nationale constituante. Auparavant, cinq jours d'affrontements entre manifestants et policiers ont fait quelque 300 blessés fin novembre à Siliana alors que la centrale syndicale s’apprête à paralyser le pays demain pour dénoncer l'attaque, la semaine dernière, devant son siège par des milices proches des islamistes d'Ennahda. Une situation des plus confuses au moment où le pays s’apprête à fêter dans quelques semaines le second anniversaire de la révolution. Les Tunisiens restent dans l’expectative, déçus par une situation économique désastreuse et un climat politique des plus tendus.
N. I.

Categorie(s): monde

Auteur(s): N. I.

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