UNE CIRCULAIRE INTERMINISTÉRIELLE L’AUTORISE: Les vendeurs informels inscrits au registre du commerce

Lesoir; le Lundi 17 Decembre 2012
2

Les vendeurs informels, déplacés depuis l’été dernier, seront immatriculés au niveau du registre du commerce. Une circulaire interministérielle (commerce, intérieur et collectivités locales) a été adressée aux walis le 5 décembre dernier, selon le secrétaire général du ministère du Commerce.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - S’exprimant hier à l’hôtel El-Aurassi,
où se déroulait le 1er Colloque international sur le commerce de détail
et les centres commerciaux, Aïssa Zelmati a indiqué qu’en vertu de cette
circulaire, les vendeurs informels qui ont été déplacés depuis la fin de
l’été dernier seront recensés. Ces vendeurs bénéficieront d’une carte
d’immatriculation délivrée par le Centre national du registre du
commerce (CNRC) avant de pouvoir s’intégrer au circuit formel. A cette
occasion, le représentant du département de Mustapha Benbada a affirmé
que l’opération de résorption de l’informel se poursuit. «Il n’y a pas
de marche arrière. Le rouleau compresseur avance», dira Aïssa Zelmati,
démentant les supputations récurrentes sur le caractère conjoncturel de
cette opération.
Cap sur le développement de la grande distribution
Les pouvoirs publics ont engagé une dynamique en matière de
modernisation des infrastructures commerciales et développement du
réseau de distribution, notamment la grande distribution. Cette
dynamique a été justement abordée lors de ce colloque organisé par la
Chambre de commerce et d’industrie Suisse – Algérie (CCISA), en
partenariat avec le Forum des chefs d’entreprises (FCE) et la Chambre
algérienne de commerce et d’industrie (Caci). Ainsi, le développement
des infrastructures de la grande distribution, notamment les supérettes,
les super et hypermarchés ainsi que les centres commerciaux, est à
l’ordre du jour. Selon les données du ministère du Commerce, le circuit
commercial algérien compte actuellement quatre hypermarchés (une surface
de vente égale ou supérieure à 2 500 m2), 347 supermarchés (surface de
vente comprise entre 500 m2 et 2 500 m2) ainsi que 2 469 supérettes
(surface comprise entre 120 et 500 m2). Cela même si le CNRC
comptabilisait 49 hypermarchés à la fin octobre 2012, n’ayant pas encore
adapté ses statistiques à la nouvelle réglementation en vigueur depuis
mars 2012 régissant la création et l’organisation des infrastructures
commerciales. Notons que le développement des grandes surfaces, assez
dynamique entre 2002 et 2009, marque depuis un fléchissement certain,
voire le risque de saturation, sachant que la grande affluence vers les
grandes surfaces fait défaut selon Mme Abdellaoui Meriem, directrice au
CNRC, qui note plutôt «une évolution normale, notamment durant les cinq
dernières années et qui est de 3 à 5%».
En attendant un schéma national directeur
Et ce, en attendant que la distribution en franchise soit encadrée
par des textes législatifs et réglementaires, cette question n’étant pas
actuellement à l’ordre du jour même si le ministère du Commerce se
penche là-dessus, selon Aïssa Zelmati. Mais également en attendant qu’un
schéma national directeur des infrastructures commerciales soit élaboré,
une étude devant être lancée en ce sens selon le directeur général de la
régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce,
Abdelaziz Aït-Abderrahmane. Ce dernier, qui a explicité l’évolution de
l’arsenal législatif et réglementaire régissant l’activité commerciale,
a indiqué que cette étude devrait booster le développement de la
distribution, d’autant qu’elle permet de réaliser des économies
d'échelle et une diminution des coûts de distribution grâce à la
consommation de masse, et qu’«elle peut constituer une incitation
supplémentaire à la production nationale, notamment par l'offre de
débouchés».
D’autres conditions restent à réunir
Comme il s’agit de développer un arsenal de mesures fiscales et
parafiscales notamment assez incitatives pour le développement de la
grande distribution, un déficit patent étant enregistré à ce titre,
notamment en phase d’exploitation et de fonctionnement. Et cela même si
le directeur général de l’Agence nationale de développement de
l’investissement (Andi), Abdelkrim Mansouri, évoque prochainement des
exonérations fiscales intéressantes, des concessions de terrains de gré
à gré, des réductions sur le prix de la redevance locative calculée sur
la valeur domaniale et un allègement des charges patronales pour le
recrutement des jeunes.
D’autres CLS en perspective
Il s’agit en somme d’encourager «le nivellement par le haut»,
relèvera le président de la CCISA, Alain Rolland, qui évoquera, face aux
médias, la nécessité d’améliorer tant l’accès au foncier et aux crédits
d’investissement un cadre législatif favorable et stable que de
développer la formation professionnelle, d’apprentissage et spécialisée
et d’améliorer les dessertes et horaires de transport en développant
notamment l’intermodalité. Notons dans ce contexte qu’Alain Rolland
s’est voulu optimiste sur le développement à terme des centres
commerciaux et de loisirs (CLS), plusieurs infrastructures de ce type
devant être lancées à Oran, Sétif et à l’ouest d’Alger sur le modèle du
CLS de Bab Ezzouar.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..