Une commission d’enquête se penche sur les causes: Inquiétants cas de paludisme

Lesoir; le Jeudi 7 Novembre 2013
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Panique générale depuis l’annonce du dépistage de cas
de paludisme et le décès d’une personne à Alger et d’une autre à Batna.
A Ghardaïa, on évoque la piste des cas autochtones tandis qu’au centre
du pays, il s’agit essentiellement de supporters ayant fait le
déplacement au Burkina Faso. Ils n’ont visiblement pas respecté la
consigne qui leur faisait obligation de se faire vacciner avant ce
déplacement. Le ministre de la Santé annonce l’ouverture d’une enquête.

Nawal Imès - Alger (Le Soir)
Simple coïncidence ou relation de cause à
effet, l’apparition d’au moins trois foyers a suscité beaucoup
d’inquiétude.
A Alger, quelque sept personnes se sont retrouvées hospitalisées au
niveau de l’hôpital El-Kettar après avoir toutes présenté les mêmes
symptômes. Il s’agit de personnes ayant fait le déplacement au Burkina
Faso lors du match ayant opposé l’équipe nationale de football à
l’équipe burkinabaise. Un caméraman de l’ENTV ayant été du déplacement a
trouvé la mort tandis que les six autres personnes contaminées sont
toujours sous surveillance médicale.
Comment cela a-t-il pu se passer ? De l’avis général, ce n’est pas la
totalité des supporters qui se sont fait vacciner au niveau de
l’Institut Pasteur. Même ceux ayant été vaccinés n’ont visiblement pas
respecté la prescription médicale après leur retour et n’ont donc pas
pris le traitement indiqué pour ce genre de déplacement en Afrique.
Comment ces supporters ont-ils donc été autorisés à quitter le
territoire national ? Pourquoi n’ont-ils pas tout simplement été
empêchés de faire ce déplacement puisque ne remplissant pas les
conditions exigées pour de tels déplacements ? A qui la faute ?
Conséquence de ce laxisme, au moins une dizaine de personnes sont
actuellement alitées à El-Kettar sans compter le décès du caméraman de
la télévision nationale.
A Batna, la situation semble différente. Les trois personnes atteintes
de paludisme n’ont aucun lien entre elles si ce n’est le fait qu’elles
aient toutes les trois effectué un séjour à l’étranger. Une première
personne atteinte de paludisme est morte lundi dernier. Il s’agit d’un
homme de 41 ans ayant séjourné successivement au Maroc, au Sénégal et au
Mali et qui, selon des sources hospitalières, était déjà à un stade
«avancé» lors de son admission. La seconde personne atteinte de
paludisme est, quant à elle, originaire de Sidi Okba et travaillait à
El-Oued. Elle a été prise en charge dès l’apparition des premiers signes
et a pu quitter l’hôpital après avoir été prise en charge au niveau des
maladies infectieuses de l'établissement hospitalier public de la ville.
Fin octobre, c’est un homme de 82 ans qui est décédé à Batna des suites
du paludisme. Il avait été admis à l’hôpital «dans un état critique».

A Ghardaïa, c’est plutôt la piste des cas autochtones qui est avancée.
Selon le directeur de la santé publique de la wilaya, joint par
téléphone, il s’agit de neuf cas détectés dans la commune d’El-Atteuf.

Le premier cas a été détecté le 31 octobre tandis que le dernier ne l’a
été qu’hier. L’ensemble des patients est pris en charge au niveau des
structures sanitaires de la ville. Leurs jours ne sont pas en danger,
selon Abdelbaki Bouhafed qui ajoute que seule une personne était
toujours en réanimation.
Le DSP assure qu’il s’agit de cas autochtones et non importés et c’est
ce qui aurait, selon lui, provoqué un vent de panique à l’exception d’un
supporter de l’équipe nationale ayant fait le déplacement au Burkina
Faso. Face à cette situation, un dépistage actif a été décidé avec le
prélèvement de 1 456 échantillons dont 300 se sont avérés négatifs.
La DSP a instruit l’ensemble des structures de santé afin qu’elles
soient vigilantes et attentives aux moindres signes présentés par des
patients sollicitant une consultation médicale.
Au niveau de la wilaya, les services concernés procèdent au nettoyage et
au drainage des points d’eau suspectés d’être le foyer du moustique
responsable de la prolifération du paludisme.
Début octobre, le ministère de la Santé avait, dans une instruction,
rappelé aux DSP d’Illizi, Adrar, Ghardaïa, Ouargla, Bechar, Tindouf, et
d’El Oued la nécessité de renforcer le dispositif de surveillance du
paludisme. Il y est rappelé avec force détails, l’ensemble des mesures à
prendre pour non seulement détecter mais également limiter la
propagation des cas de paludisme.
Face à cette situation, le ministre de la santé, en déplacement hier à
Adrar, a décidé d’installer une commission d’enquête. Elle devrait
rendre ses conclusions aujourd’hui.
N. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I.

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