VIOLENCE CONTRE LES FEMMES: 7 422 victimes enregistrées depuis le mois de janvier

Lesoir; le Lundi 10 Decembre 2012
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Près de 7 422 femmes ont subi des actes de violence durant les dix premiers mois de l’année en cours. 1 786 d’entre elles ont été violentées par leurs époux et 99,14 % ont poursuivi leurs auteurs en justice. C’est ce qu’ont révélé, hier, les services de la Sûreté nationale.
Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Les femmes âgées entre 26 et 35 ans sont les plus touchées par ces violences dont la majorité se produisent en milieu familial. Les services de la gendarmerie, de leur côté, ont recensé près de 293 filles ayant été kidnappées durant la période allant du 1er janvier au 31 octobre derniers. Durant la même période, 231 filles de moins de 18 ans ont été victimes de viol et d’atteinte à la pudeur. Le rapport des services de la Sûreté nationale présenté, hier, à l’occasion d’une journée d’étude organisée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de lutte contre la violence contre les femmes célébrée sous le thème «tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes», démontre que sur les 7 422 femmes violentées, 4 116 sont des femmes mariées, 1 913 sont célibataires et 780 sont divorcées et 3 122 des actes d’agression physique ou sexuel sont produits au domicile familial. Selon le même rapport, les villes les plus touchées sont Alger, Oran et Guelma. Cependant, en l’absence de dépôt de plainte systématique, ces chiffres, soulignent les services de la Sûreté nationale, ne reflètent pas la réalité. Par pudeur ou par peur, la majorité des femmes victimes de violences ne signalent pas leurs agresseurs. La représentante du ministère de la Justice, précise que les violences contre les femmes ne se sont pas des délits qui nécessitent un dépôt de plainte systématique. L’intervenante a indiqué que 38 320 affaires de violences contre les femmes ont été traitées par la justice en 2010. Les auteurs de ces crimes ne sont pas souvent identifiés. La solution ? L’intervenante appelle les médecins à signaler systématiquement les victimes lorsqu’elles se présentent dans les services de santé. Par ailleurs, Souad Bendjaballah, ministre de la Solidarité nationale et de la Famille, qui intervenait lors de cette journée de sensibilisation, estime que certaines formes de violences, assassinats, viols, kidnappings, ont nettement reculé en Algérie. Cependant, souligne-t-elle, le problème auquel il faut faire face est celui du harcèlement moral, en particulier, dans le milieu professionnel. Bendjaballah estime que l’accès des femmes aux postes de décisions permettra de diminuer ce phénomène, et appelle les femmes à se structurer en intégrant massivement les organisations syndicales et le mouvement associatif. «C’est une forme de protection », selon la première responsable du secteur de la Solidarité.
S. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A.

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