Visite de Abdelmalek Sellal à Paris: Le nouveau discours de la France

Lesoir; le Samedi 6 Decembre 2014
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La visite, jeudi, du Premier ministre Abdelmalek
Sellal à Paris confirme la tendance : les relations algéro-françaises
n’ont jamais été aussi denses, aussi détendues que depuis l’arrivée au
pouvoir, de la gauche version François Hollande. Pratiquement, plus de
sujets «qui fâchent» au plan politique et, au plan économique, la
coopération bat son plein.

Kamel Amarni - Alger (Le Soir)
Sellal s’était rendu en France pour coprésider avec son homologue,
Manuel Valls, «la deuxième session du comité intergouvernemental de haut
niveau», une tradition convenue entre les deux parties à l’occasion de
la visite d’Etat de Hollande à Alger en décembre 2012.
Au cours de la conférence de presse commune entre Sellal et Valls à
l’issue de cette session, les deux chefs des exécutifs algérien et
français ont confirmé ce rapprochement. Lorsque Abdelmalek Sellal
s’exprimait au sujet des affaires «moines de Tibhirine» et «Gourdel», il
n’a pas manqué de rappeler, tout de même, qu’il s’agissait d’actes de
terrorisme, commis par des terroristes. Il faut dire, en effet, que
particulièrement, cette affaire des moines n’a jamais cessé d’être
instrumentalisée par certains milieux en France.
De connivence avec les islamistes et leurs alliés algériens conglomérés
autour de la fameuse thèse dite du «qui-tu-qui ?», ils n’ont jamais
désespéré d’attribuer cet abominable crime à l’armée algérienne ! «Cet
acte a eu lieu à un moment où le pays connaissait une vague de
terrorisme face à laquelle nous étions seuls et que nous avons chèrement
payé avec 200 000 morts et des dizaines de milliards de dollars de
perte», répondra Sellal qualifiant l’assassinat des moines de «drame
douloureux» avant de souligner «l’excellente coopération judiciaire
entre les deux pays» sur cette affaire. «Nous sommes totalement et
définitivement sereins dans cette affaire».
De même que Sellal, évoquant l’assassinat de l’autre ressortissant
français, Hervé Gourdel, a réaffirmé la détermination de l’Algérie en
matière de lutte contre le terrorisme. Au besoin, l’Algérie est prête «à
rééditer sa réaction suite à l’attaque terroriste du site gazier de
Tiguentourine», chaque fois que nécessaire.
Le Premier ministre français dira exactement la même chose lorsqu’il
s’exprimera sur les mêmes questions. «Nous savons combien l’Algérie a
subi le terrorisme, l’a combattu victorieusement et elle l’a fait seule.

De ce point de vue, nous ne devons pas oublier ce que cela a représenté
à l’Algérie et aux Algériens de mener cette guerre contre le
terrorisme». Aussi, tant pour l’affaire des moines que celle de Hervé
Gourdel, Manuel Valls a eu à exprimer ses «remerciements pour le
gouvernement algérien» pour sa coopération. Idem s’agissant de la
coopération d’une manière générale, dans le domaine de la lutte
antiterroriste.
La France appuie par ailleurs totalement la médiation algérienne au Mali
et son rôle sur le dossier libyen. Le réchauffement des relations entre
Alger et Paris, on peut également «le lire» à travers le communiqué
fleuve qui sanctionnera cette session. Rédigé par les services du
Premier ministère français et convenu entre Sellal et Valls, on y trouve
même quelques sujets tabous. «La guerre d’indépendance» lit-on par
exemple dans ce communiqué, en parlant de la Révolution algérienne entre
1954 et 1962. Ce qui est considérable, côté français, où l’on évoquait
cette période que sous des appellations édulcorées : «Evénements
d’Algérie», «guerre d’Algérie», pas plus !
Le problème des archives, de la mémoire, des victimes et ayants droit
des essais nucléaire français au Sahara ont aussi été évoqués dans ce
communiqué. Cela, sans parler d’une dense coopération culturelle,
économique, humaine, sécuritaire et même dans le domaine de la défense.
Ce qui était tout simplement inimaginable il y a quelque temps.
K. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): K. A.

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