40 000 agressions enregistrées dans les établissements scolaires en 2014, École : du sinistre à la violence

Liberte; le Lundi 11 Mai 2015
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Sur les 40 000 actes de violence recensés, 6 000 cas ont été provoqués par les enseignants contre les élèves, plus de 4 000 cas par le personnel contre les élèves et plus de 5 000 autres cas entre les personnels.

L’acte pédagogique va mal. Au vu des développements enregistrés, l’école algérienne ne produit plus l’acte citoyen, civique, sportif et culturel. Hier, l’inspecteur général au ministère de l’Éducation nationale, Medjahed Messeguem, a reconnu que “l’école n’a pas assuré ses devoirs et n’a pas initié les élèves à la citoyenneté, au civisme, au respect et à la solidarité. Nous sommes dans la mémorisation et nous nous inscrivons en porte-à-faux !” L’invité de la rédaction à la radio Chaîne III n’a pas mis de gants pour désigner l’école algérienne comme responsable de la violence qui prend de l’ampleur d’année en année.
En 2014, pas moins de 40 000 actes de violence en milieu scolaire ont été recensés, dont 6 000 cas provoqués par les enseignants contre les élèves, plus de 4 000 cas par le personnel contre les élèves et plus de
5 000 autres cas entre les personnels. Citant les derniers cas de vandalisme enregistrés, il révélera que des élèves ont introduit des fumigènes au lycée d’Hussein-Dey avant de provoquer un incendie.
À Baraki, sept élèves, dont un exclu de cet établissement, ont également introduit des fumigènes et provoqué un autre incendie.
“Vous savez tous que le lycée de Baraki est limitrophe de Bentalha. Et vous savez également que Bentalha est une société qui a beaucoup de problèmes. D’ailleurs, parmi les mis en cause, il y avait un élève exclu. C’est un acte volontaire provoqué par des personnes extérieures à l’école”, a développé M. Messeguem.

“Les filles ont introduit des fumigènes dans les lycées”
À ses yeux, il s’agit d’une transgression à l’ordre scolaire passible de conseil de discipline et de justice, allant jusqu’au remboursement par les parents d’élèves des mobiliers endommagés. Citant les actes courants dans nos écoles, ce responsable dira : “On aura tout vu. Du racket, de l’insulte, des bagarres, du vandalisme et autres menaces. Il y a même des actes latents, comme la rumeur qui provoque la violence. Nous avons recensé beaucoup de cas à travers toutes les wilayas. Je le dis encore, malheureusement, l’acte pédagogique ne permet pas de contenir cette violence. Cela dit, l’école n’est pas la seule responsable de cette situation. Les parents sont souvent responsables de ce qui se passe dans les écoles et le parcours des élèves.” Il ira jusqu’à mettre en cause les carences de l’encadrement qui ne mise pas sur la vigilance et la sécurité. Pour preuve, il dira que les fumigènes sont introduits, non pas par les garçons qui sont contrôlés, mais par les filles qui ne sont pas fouillées. Pis encore, il citera que 132 cas relatifs à la consommation de drogue, de psychotropes et d’alcool dans les écoles ont été enregistrés en 2014. Selon lui, ce fait gravissime est le résultat d’une démission de la société tout entière, à commencer par les parents. Il révélera que le ministère de tutelle a entamé une étude sur l’indice de calcul de l’environnement des écoles, car ce fléau vient de l’extérieur, c’est-à-dire des dealers qui vendent les produits prohibés devant les établissements scolaires. Il annonce qu’un centre social d’écoute et de soutien sera créé, suivi du recrutement de psychologues et conseillers, avec en sus la signature de conventions avec les ministères chargés des Sports, des Affaires religieuses et de la Culture, car, dit-il, “tout est délaissé dans nos écoles, y compris le sport scolaire”.

F. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid BELGACEM

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