45 blessés légers sont à déplorer, Un avion d’Air Algérie rate son atterrissage à Séville

Liberte; le Dimanche 19 Mars 2006
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Air Algérie évoque un “orage sévère”. Les autorités espagnoles déduisent “un problème dans le train d’atterrissage”. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident. Le pire a été évité, hier, dans la matinée, à l’aéroport de Séville (capitale de la province de l’Andalousie, au sud de l’Espagne) où un Boeing 737-600 d’Air Algérie, assurant un vol charter provenant d’Oran, a raté son atterrissage. L’appareil, qui s’apprêtait à se poser sur le tarmac aux environs de 9h30 (GMT), est sorti de piste. Il transportait 101 passagers dont 45 ont été légèrement blessés, selon les autorités ibériques. D’ores et déjà, deux thèses divergent sur les raisons ayant provoqué cet incident. Contacté en milieu d’après-midi, M. Tayeb Benouis, patron d’Air Algérie, a argué des mauvaises conditions climatiques locales. “Il y avait un orage qui a happé l’appareil vers le sol.” Sa version des faits a été étayée un peu plus tard par un communiqué de la compagnie qui évoque des “conditions orageuses sévères”. Dans une conférence de presse tenue à Séville, après l’accident, le sous-préfet, M. Faustino Valdes, n’évoque nullement la tempête. Confirmant que le Boeing est sorti “partiellement de piste”, il lie “ce dérapage” à “un problème dans le train d’atterrissage dont l’une des ailes a heurté le sol”. Si d’après lui, les dégâts ne sont pas graves, la direction d’Air Algérie, soutient quant à elle, qu’“aux premières informations recueillies, ils (les dégâts, ndlr) semblent importants”. “Un des réacteurs est touché. Mais nous ne serons mieux fixés que lorsque la commission d’experts envoyée sur les lieux rendra compte de ses conclusions”, a avancé prudemment le P-DG de la compagnie. En attendant, les autorités espagnoles détiennent le monopole de l’information sur laquelle ils observeraient un embargo, notamment en direction d’Air Algérie. Hier, en début de soirée, la compagnie ignorait encore le nombre exact des blessés. “Je n’ai pas connaissance de ce chiffre”, a répliqué M. Benouis en référence au bilan officiel de la Garde civile ibérique qui avait d’abord dénombré 4 accidentés avant de porter leur nombre à 45. “En pareille circonstance, un dispositif d’urgence est mis en place pour évacuer les passagers”, observe le P-DG de la compagnie nationale. Les usagers sont en majorité des ressortissants espagnols qui étaient en séjour dans les camps des réfugiés sahraouis à Tindouf. Il y avait également parmi eux cinq voyageurs sahraouis et un autre de nationalité mauritanienne. Aussitôt après l’accident, le trafic a été interrompu dans l’aéroport de Séville, qui devait rouvrir ses portes en milieu d’après-midi, après le dégagement de l’appareil endommagé. Une quarantaine de vols avaient dû être détournés sur les aérodromes de Malaga et Jerez de la Frontera. À Alger, une cellule de crise a été mise en place au niveau d’Air Algérie. M. Benouis a révélé, par ailleurs, qu’une enquête a été déclenchée. Après le crash dramatique du Boeing 737 de la compagnie nationale en mars 2003, qui a coûté la vie à 103 passagers, plus aucun accident grave n’a été enregistré. En revanche, des incidents sont signalés quelquefois aussi bien sur les vols domestiques qu’internationaux. Problème de dépressurisation, de moteurs ou de réacteurs, ce genre de couacs fait les choux gras de la presse. L’enquête sur le crash de Tamanrasset avait conclu à une défaillance d’un des moteurs, doublée d’erreurs de pilotage. Si rarement la qualification du personnel naviguant est mise en cause, l’état de vétusté de la flotte d’Air Algérie ainsi que la décrépitude des avions affrétés, notamment en haute saison étaient décriés. En août dernier, la compagnie a achevé le plan de renouvellement de sa flotte par l’acquisition d’un 26e appareil. Elle s’est également dotée de nouveaux ateliers de maintenance. La sécurité des vols étant au cœur de sa bataille commerciale, Air Algérie devait se plier aux normes d’usage sur le plan international ou le droit de vol est chèrement acquis. D’ailleurs, depuis quelques années, elle a entrepris de retirer des programmes internationaux tous les avions vieillissants que les autorités aéroportuaires étrangères, françaises notamment, refusent d’accueillir sur leur sol. L’été dernier, une polémique avait été suscitée par la presse hexagonale, qui, sur la base d’une enquête, avait mis Air Algérie sur liste noire. Une inscription que le ministère des Transports local avait démentie.SAMIA LOKMANE

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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