À l’approche de l’Aïd el-Fitr à guelma, La fièvre des achats s’empare des familles

Liberte; le Jeudi 30 Juin 2016
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Depuis deux semaines, c'est la ruée vers les magasins de confection, de chaussures et les boutiques spécialisées dans la vente des produits made in pour vêtir les enfants à l'occasion de l'Aïd.

Comme chaque année en pareille circonstance, c'est le branle-bas de combat dans les foyers à la veille de l'Aïd el-fitr, car les sempiternels achats sont de rigueur. Le malheureux père de famille, qui a mis à contribution son maigre salaire pour faire face aux dépenses faramineuses du mois sacré du Ramadhan, est appelé à honorer d'autres évènements récurrents qui exigent une cagnotte conséquente. Dans ce contexte, il est dans l'obligation de s'y soumettre quitte à s'endetter ou à solliciter des emprunts auprès des proches et des amis, c'est le passage obligé ! Depuis deux semaines, c'est la ruée vers les magasins de confection, de chaussures et les boutiques spécialisées dans la vente des produits made in pour vêtir les enfants à l'occasion de l'Aïd. Chaque soir, après le f'tour, les familles investissent ces commerces à la recherche d'une petite robe, d'un pantalon, d'une jupe-short, d'une chemisette, d'un ensemble, de chaussures, etc. Au boulevard Souidani-Boudjemaâ, au centre-ville, une mère de famille sort énervée d'un magasin : “C'est de l'arnaque ! J'ai déboursé la somme de 8 600 DA pour l'achat d'une paire de chaussures, d'un tee-shirt et d'une petite robe pour ma fille âgée de 8 ans ! Il me reste à habiller mon aînée de douze ans et ma dernière de trois ans et je dois dépenser au bas mot 18 000 DA ! Mon époux, qui a fait un sacrifice, m'a remis 20 000 DA pour satisfaire nos trois enfants. Comment m'en sortir ?” Selon la clientèle, les prix ont grimpé d'une manière vertigineuse cette année, et les produits syriens tant prisés pour leur qualité et leur coût avantageux ne sont plus disponibles à cause de la guerre civile dans ce pays. Abordés, les commerçants arguent que leurs fournisseurs privilégient les produits chinois et turcs qui ont pris des ailes, car la demande est importante ! Rencontré à l'intérieur d'une boutique spécialisée dans les vêtements pour enfants, un père de famille d'une quarantaine d'années, se lamente : “Je gagne 38 000 DA par mois, j'ai trois enfants de 3, 6 et 9 ans qu'il faut habiller et chausser pour l'Aïd, et il faut acheter les cartables, les tabliers, les fournitures scolaires et les livres neufs pour deux d'entre eux qui sont scolarisés ! J'ai consacré un budget de 40 000 DA pour le mois de Ramadhan, et je dois payer les factures de l'OPGI, Sonelgaz, de l'ADE et d'Algérie Télécom ! C'est un cycle infernal auquel il faut se soumettre chaque année !”
D'autre part, la maîtresse de maison est tenue d'acheter des ingrédients onéreux pour confectionner les gâteaux et les confiseries de cette fête religieuse, de la viande pour les repas de l'Aïd, des sodas, des fruits, du henné et des cadeaux pour les membres de la famille. Les traditions sont respectées par les familles guelmies qui sont saignées à blanc chaque année.

HAMID BAALI

Categorie(s): est

Auteur(s): BAALI Hamid

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