Abderrahmane Benkhalfa nommé ministre des Finances, Un technicien au chevet d’une économie malade

Liberte; le Samedi 16 Mai 2015
110697

Abderrahmane Benkhalfa, le remplaçant de Mohamed Djellab, en quittant l’Association des banques et établissements financiers (Abef) en 2012, s’est débarrassé de son discours “langue de bois”.
L’analyste économique et financier, Abderrahmane Benkhalfa, a été nommé ministre des Finances. Il remplace
Mohamed Djellab qui quitte le gouvernement. M. Djellab semble avoir été sanctionné pour son inertie face à la crise “sévère” engendrée par la baisse des cours du brut. Quand le projet de budget a été présenté à l’Assemblée nationale en septembre 2014, il était déjà clair que toutes les projections établies pour les recettes du budget étaient largement surestimées. La situation du marché pétrolier mondial avait commencé à se détériorer très sérieusement tout au long du 2e semestre de l’année 2014. Le cadrage du budget 2015 est complètement décalé par rapport à la conjoncture.
Pour rappel, lors d’un Conseil restreint, tenu en décembre de l’année dernière, consacré aux développements enregistrés par le marché pétrolier international et leurs retombées sur la démarche économique et sociale du pays, le président de la République avait chargé le gouvernement de s'atteler à la rationalisation de la dépense publique, notamment au niveau du budget de fonctionnement. Quatre mois plus tard, rien n’avait été fait dans ce sens. En avril dernier, Mohamed Djellab avait indiqué que la loi de finances complémentaire 2015 prévoyait plusieurs mesures visant “la rationalisation des dépenses et la protection de l’économie nationale”. Mais il a ajouté que “les contacts sont en cours entre les différents départements ministériels et qu’aucune décision n’a été prise à ce sujet jusqu’à présent”. Par ailleurs, le patronat a sévèrement critiqué la loi de finances 2015, notamment la mesure relative à l’unification du taux d’IBS à 23%, mettant ainsi sur un pied d’égalité les producteurs et les importateurs, au moment où l’on parle de la nécessité de rationalisation des importations. Abderrahmane Benkhalfa, le remplaçant de Mohamed Djellab, en quittant l’Association des banques et établissements financiers (Abef) en 2012, s’est débarrassé de son discours “langue de bois”. Ses différentes analyses, en tant qu’expert, sont devenues plus pertinentes. Très médiatisé ces dernières années, ce natif de Tiaret, docteur en sciences de gestion, diplômé de l'université de Grenoble, a suggéré plusieurs pistes de réformes, dont certaines sont audacieuses. Sur RadioM, la webradio du journal électronique Maghreb Emergent, à contre-courant de la vision du gouvernement, M. Benkhalfa a estimé que “le secteur bancaire ne peut prendre le relais du financement des projets d’infrastructures sans compléter sa modernisation”. Il s’est montré favorable à l’agrément de nouvelles banques. Il n’hésite pas “à préconiser une dévaluation de la monnaie nationale qui pourrait prendre la forme de l’instauration de taux de change multiples”. Pour lutter contre le marché informel de la devise, le nouveau ministre des Finances a défendu l’idée de l’ouverture de bureaux de change et de l’augmentation de l’allocation devises au niveau de 1 000 dollars. Pour Abderrahmane Benkhalfa, l’expert, “le recours au FRR ne doit plus être systématique. La loi de finances gagnerait à être repensée...”. Maintenant qu’il est ministre des Finances, aura-t-il les coudées franches pour lancer “ces chantiers” ?

M. R.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rabhi Meziane

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..