Actualité, Devoir

Liberte; le Mercredi 5 Avril 2006
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Bien plus qu’un souci d’efficacité, c’est un devoir pour l’État de prendre en charge les doléances des Patriotes et de réconforter ces familles qui n’ont pas de nouvelles des leurs.C’est le sens de la dignité qui, hier, leur avait montré la voie. C’est aussi le sens de la dignité qui avait alors guidé leurs pas sur le chemin escarpé de la résistance pour défendre la vie des leurs, l’honneur des voisins et aussi les valeurs de la République. C’est enfin ce même sens de la dignité qui les a acculés, pour bon nombre d’entre eux, à troquer la posture assez confortable de la compromission à celle, qu’ils savaient à hauts risques, de l’engagement. Au péril de leur vie. En ces temps-là, ils étaient adulés, portés aux nues. À juste titre, car tout sacrifice vaut reconnaissance. Et leur sacrifice à eux était alors si salvateur qu’on en arrivait volontiers à faire l’impasse et à passer l’éponge sur des débordements et autres dépassements à mettre, en effet, à leur actif, mais surtout sur le compte de la nature de leur combat et des pressions qu’ils subissaient du fait même de leur engagement.Mais voilà : ils se considèrent aujourd’hui voués aux gémonies, trahis dans leur chair et dans leur âme, délaissés et abandonnés à leur sort. Et rien ne symbolise cette “déchéance” que ce cri du cœur, plutôt de douleur, des Patriotes de La Mitidja. Et ils ne sont pas seuls. Les familles des disparus aussi souhaitent avoir des réponses à leurs doléances. Loin de constituer des entités marginales, ces deux catégories méritent bien des égards de la part de la République, celle-là même dont le Chef du gouvernement répétait, récemment encore, qu’elle n’oubliera pas ses enfants, allusion aux milliers de Patriotes. Bien plus qu’un souci d’efficacité, c’est un devoir pour l’État de prendre en charge les doléances des Patriotes et de réconforter ces familles qui n’ont pas de nouvelles des leurs. C’est aussi ça le sens qu’il faut donner à la réconciliation.Car à ce jour, il faut bien se rendre à la triste évidence de la réalité, il y a une vague impression que la charte bénéficie plutôt à ceux qui ont pris les armes contre la République qu’à ceux qui ont été victimes ou ceux qui se sont engagés à prendre sa défense.K. K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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