Actualité, Durcissement

Liberte; le Lundi 3 Avril 2006
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On l’aura compris : il y a là, par certains aspects, un prolongement d’une disposition de la charte, laquelle pénalise et sanctionne toute utilisation ou instrumentalisation des “blessures de la tragédie nationale dans le but de porter atteinte aux institutions, fragiliser l’État ou nuire à l’honorabilité de ses agents”.Il était sans doute attendu : la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, dont l’ordonnance de mise en œuvre a été promulguée il y a un mois, ne pouvait souffrir de quelques obstacles de nature à en grenouiller l’application. Après quelques mesures appréciées diversement par l’opinion publique, lesquelles ont suscité quelques légitimes appréhensions, voilà que les autorités viennent de mettre à travers le projet de loi portant code pénal des balises dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles visent, a priori, à réduire au risque zéro quelques futures contestations.De lourdes peines sont, en effet, prévues dans le nouveau texte, actuellement entre les mains des députés, contre toute “atteinte à l’honneur, à la considération et à la vie privée”. Il en est de même contre tous ceux qui divulgueraient des propos, des images d’une personne “sans son consentement” ou alors un secret. On l’aura compris : il y a là, par certains aspects, un prolongement d’une disposition de la charte, laquelle pénalise et sanctionne toute utilisation ou instrumentalisation des “blessures de la tragédie nationale dans le but de porter atteinte aux institutions, fragiliser l’État ou nuire à l’honorabilité de ses agents”. Au-delà de la volonté de protéger la vie privée des personnes, somme toute légitime, de contenir des éventuels “dépassements”, il y a toutefois un risque avéré de voir le nouveau texte, déjà jugé suffisamment répressif, ouvrir des brèches à l’arbitraire. On l’a déjà vu par le passé.Reste à savoir le sort qui lui sera réservé chez les députés. Si l’on ne se fait pas d’illusions sur le comportement de nos parlementaires, confits à la culture de l’unanimisme, le passage du nouveau texte qui vient étoffer l’arsenal juridique risque de verrouiller davantage la liberté d’expression et de réduire un peu plus la marge de manœuvre des journalistes, déjà mise à rude épreuve. K. K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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