Actualité, Gérer l’après-charte

Liberte; le Jeudi 16 Mars 2006
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À peine libérés, les anciens chefs islamistes tentent de réinvestir le champ politique. Maintenant que les islamistes se sentent véritablement renforcés dans leur conviction avec la libération de centaines de détenus impliqués dans la violence terroriste qui a fait plus de 150 000 morts, il s’agit de savoir si l’État a envisagé des balises à même d’éviter le retour à la case départ. La charte dit clairement que “l’activité politique est interdite sous quelque forme que ce soit à toute personne responsable de l'instrumentalisation de la religion ayant conduit à la tragédie nationale, et à toute personne qui, ayant participé à des actions terroristes, refuse toujours de reconnaître sa responsabilité dans la conception et la mise en œuvre d'une politique prônant la violence contre la nation et les institutions de l'État”.Décodé, le message veut signifier au moins deux choses : que le parti dissous est donc officiellement responsable de la tragédie nationale et qu’il n’est pas question de sa réhabilitation sous quelque forme que ce soit. Mais la réalité est malheureusement tout autre. À peine libérés, les anciens chefs islamistes tentent de réinvestir le champ politique. Rencontres de coordination, travail de proximité dans certains quartiers et déclarations, virulentes critiques à l’égard du projet présidentiel, instaurant ainsi un climat d’angoisse au sein de larges couches de la société qui craignent aujourd’hui plus que jamais le réveil des vieux démons.Dans une allusion au regain d’activité de certains détenus élargis, le ministre de l’Intérieur a averti, hier, à partir de Aïn Témouchent que l’État va réagir contre ceux qui ne respecteront pas l’esprit de la charte. Mais il n’en reste pas moins que l’absence jusque-là de réaction concrète des pouvoirs publics contre les dépassements de certaines anciennes figures de la mouvance islamo-terroriste alimente sérieusement les inquiétudes quant à la capacité du pouvoir à gérer les effets de l’après-charte.  Car on en est bien là.S. T.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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