Actualité, Les loups

Liberte; le Dimanche 26 Mars 2006
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Même si ce n’est inscrit nulle part dans la charte, ces terroristes doivent démontrer qu’ils ont sauvegardé un minimum de “moralité” et d’implication dans la cause nationale pour arrêter leurs anciens compagnons, pour les empêcher de ne plus utiliser des bébés-tango pour semer encore la mort.Il a 16 ans et déjà du sang sur les mains. Dans sa folie inéluctable, le GSPC a utilisé une jeune recrue pour commettre un attentat. Encore un contre un élu à Boumerdès. On savait le Groupe salafiste aux abois. On voyait ces contingents de terroristes se rendre, décrivant un maquis où règne la fin de ces irréductibles que rien n’a pu convaincre de rejoindre une société généreuse. On savait que le recrutement s’est tari et que les groupes salafistes prennent des mercenaires pour tueurs à gages. Mais l’affaire de Benchoud est venue perturber à nouveau les consciences. Un gamin. Un môme à qui l’ on a donné un flingue est devenu un assassin en l’espace d’une seconde. Terrible.On sait que le terrorisme se ressource, se régénère comme il peut et qu’il n’a pas de code de conduite si ce n’est l’efficacité. On sait qu’il ne fallait pas faire preuve d’angélisme pour combattre et battre ces groupes terroristes qui utilisent les instincts les plus primaires pour exécuter leurs plans. Mais cet attentat doit faire réfléchir toutes les parties sur le fait que le terrorisme n’a pas dit son dernier mot et qu’il n’a cure des discours réconciliateurs du moment qu’il envoie des enfants faire la sale besogne.Qui faut-il blâmer ? Qui est responsable ? Le GSPC, c’est certain. Mais les salafistes sont dans leur logique, depuis la première cartouche. Tuer et détruire. Et pour beaucoup, ils ressemblent davantage à des loups en meute qui, faute de gibier, s’entretuent. L’État ? Comme hier face au terrorisme, on peut citer des conditions endogènes à la persistance des sources du terrorisme que certains voient dans le chômage, l’injustice, la mal-vie ou ailleurs. Sur ce plan, éradiquer les racines ne prend pas un jour, ni une charte.On serait tenté de dire les terroristes élargis. Ce ne sont pas les nouveaux boucs émissaires, mais ils devraient faire en sorte d’apporter quelque chose à leur pays qui leur a pardonné l’innommable. Alors que le gouvernement vient de définir leur statut et les conditions de leur réintégration, les islamistes élargis doivent contribuer de manière claire et décisive à arrêter les massacres et les assassinats. Même si ce n’est inscrit nulle part dans la charte, ces terroristes doivent démontrer qu’ils ont sauvegardé un minimum de “moralité” et d’implication dans la cause nationale pour arrêter leurs anciens compagnons, pour les empêcher de ne plus utiliser des bébés-tango pour semer encore la mort.Et s’ils ne le font pas, alors, c’est toute leur réintégration sociale qui sera biaisée. Car ils auront cautionné en silence des tueries dont ils étaient autrefois auteurs. Et à ce moment, on méditera, en tant que nation, ce proverbe caucasien qui dit “apprivoise le loup, il rêvera toujours des bois”. M. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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