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Liberte; le Dimanche 19 Mars 2006
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Il reste à savoir, cependant, si ce langage de fermeté, de nature à rassurer bien entendu tous ceux qui ont combattu les forces de l’obscurantisme, sera suivi d’effet sur le terrain au cas où les islamistes persisteraient dans leur attitude.Zerhouni remet les pendules à l’heure. Face à l’agitation grandissante des anciens chefs islamistes libérés, le ministre de l’Intérieur a averti, hier, que l’État serait amené à faire respecter la loi si les détenus élargis venaient à transgresser les dispositions de la charte. La veille, c’est Boudjerra Soltani, président du MSP et ministre d’État, qui avait appelé son camp “à ne pas compromettre le processus de paix avec des déclarations déplacées”. Hier, c’est Belkhadem, secrétaire général du FLN et néanmoins ministre d’État et représentant personnel du président Bouteflika, qui a affirmé qu’Ali Benhadj n’avait pas le droit de faire de la politique. Les mises au point sont, en effet, indispensables. Du moins sur le plan du discours. Le pouvoir qui a en charge la lourde responsabilité d’appliquer la Charte pour la paix et la réconciliation dans le respect de la dignité des centaines de milliers de victimes, dont Ksentini a évalué le nombre, hier, entre 150 000 et 200 000 morts, se doit de fixer certaines lignes rouges afin que les artisans de la tragédie nationale renoncent à concevoir les mesures de clémence comme étant un aveu d’impuissance de l’État. Zerhouni l’a fait clairement savoir en annonçant que la lutte contre le terrorisme se poursuivra et pourrait “durer des années”. Il reste à savoir, cependant, si ce langage de fermeté, de nature à rassurer bien entendu tous ceux qui ont combattu les forces de l’obscurantisme, sera suivi d’effet sur le terrain au cas où les islamistes persisteraient dans leur attitude. Rien de moins sûr puisque aussi bien Soltani que Belkhadem laissent entendre que d’autres mesures viendront accomplir l’œuvre de la charte. Dans ce cas, l’État ne devrait plus se contenter d’un traitement strictement sécuritaire de la crise, mais il doit s’attaquer à la question de fond qui est celle de l’intégrisme. En effet, sans une politique claire en la matière, toutes les mesures prises en faveur de la mouvance islamo-terroriste risquent beaucoup plus de renforcer le camp islamiste que celui de l’État, et encore moins celui de la démocratie.S. T.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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