Actualité, Révisionnisme

Liberte; le Mardi 4 Avril 2006
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Lors de son procès en 1992, Mansouri Meliani, fondateur du Groupe islamique armé, a eu le courage de dire aux juges : “Je suis le GIA.” Ayez le même courage. Assumez vos actes, vos paroles et vos écrits. On a longtemps hésité avant de savoir si l’on devait reprendre l’entretien de Ali Benhadj accordé au quotidien français Le Monde. Ceux qui étaient favorables estimaient que les lecteurs algériens sont en droit de connaître les propos de l’ancien dirigeant du FIS, indiquant que la presse algérienne n’existe pas pour censurer la parole publique. Ceux qui sont contre ont avancé l’argument, légitime, que reprendre Benhadj, c’est faire le jeu d’un discours islamiste qui a plongé l’Algérie dans le chaos et qu’on sert de courroie de transmission à des thèses déjà connues, surtout en pleine application de la charte.À dire vrai, les deux avis se valent et ont aussi bien leurs avantages que leurs inconvénients. Mais le débat n’est pas là. On a décidé de reprendre Ali Benhadj car ce qu’il dit a dépassé, cette fois-ci, tout entendement. Depuis son fameux slogan “la démocratie est kôfr” en 1990, Benhadj n’est jamais parti aussi loin. C’est pour cette raison que nous avons fait le choix, subjectif pour certains, de répondre à Benhadj.D’abord, si Benhadj estime qu’il n’est pas “responsable de la tragédie nationale” et renvoie à la justice le soin de juger ses actes, il serait probablement opportun de lui rappeler ses actes. Qui a en premier pris en otage la mosquée pour en faire une tribune politique et chauffé à blanc des jeunes fidèles pour en faire des machines à tuer ? C’est vous. Qui a jeté des jeunes Algériens dans la rue pour des manifestations qui ont tourné à l’affrontement, alors que vous vous cachiez dans votre appartement à Kouba ? C’est vous. Qui a donné l’exemple en premier en torturant un policier dans une salle des urgences à l’hôpital Mustapha ? C’est vous. Qui a souillé l’uniforme de l’ANP, alors que vous avez refusé le Service national, en vous exhibant avec comme si vous aviez un courage physique quelconque, alors que vous n’avez jamais pleuré un seul de ces soldats que vos amis ont égorgés ? C’est vous. Qui a rédigé et signé l’appel en 22 points de 1992 qui a été le programme politique et opérationnel du terrorisme en Algérie ? Plan exécuté par vos amis terroristes avec minutie. C’est vous. Qui a fédéré les rangs du GIA quand ils étaient divisés en 1994 ? C’est vous. Qui a écrit et transmis les nouvelles orientations aux chefs du GIA, Chérif Gousmi, puis Djamel Zitouni, les exhortant à poursuivre le “djihad” contre les Algériens ? C’est vous. Qui a refusé toutes les mesures de grâce afin de passer pour une victime du pouvoir ? C’est vous. Qui s’est lamentablement tu quand des Algériens se faisaient massacrer à Ramka, Bentalha, Er-Raïs ou Sidi Hamed ? C’est vous. Qui a donné l’ordre aux bourreaux d’Al- Zarqaoui et d’Al-Qaïda d’exécuter deux diplomates algériens à Bagdad ? C’est encore vous…Lors de son procès en 1992, Mansouri Meliani, fondateur du Groupe islamique armé, a eu le courage de dire aux juges : “Je suis le GIA.” Ayez le même courage. Assumez vos actes, vos paroles et vos écrits. Car ce que vous avez fait s’appelle du révisionnisme. Vous réécrivez l’histoire à votre convenance, foulant aux pieds la mémoire de dizaines de milliers d’Algériens, tous musulmans Monsieur Benhadj, tués car vous avez mal lu Goebbels ou Ibn Taymiya.Mais ce n’est pas votre faute. L’Algérie a changé et personne n’a plus peur de vous. C’est fini. Vous êtes un mauvais fantôme tragi-comique qui, heureusement, ne fait plus rire personne. Reste à savoir pourquoi vous continuez à provoquer les consciences. Pourquoi l’État reste impavide devant vos provocations et continue à vous protéger physiquement de vos amis trahis par vos soins. Vous êtes en train de violer la loi et les textes d’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, et c’est un journaliste d’El Khabar qui est sous contrôle judiciaire. Vous êtes libre. Les prisons se vident. La paix revient. Rendez au moins un petit service à “votre” nation : ayez le courage de vous taire ! M. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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