Actualité, Tergiversations

Liberte; le Dimanche 2 Avril 2006
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Qu’on ne s’y trompe pas, la réforme bancaire ne se réduit pas à la mise en place d’un système moderne de paiement, ni à la privatisation de certaines banques. Le ministre délégué à la Réforme financière vient d’affirmer que les banques de la place affichent une meilleure santé et une plus grande efficacité. La réforme bancaire enregistre de sérieux progrès. Le chantier de modernisation du système de paiement est bientôt bouclé. Au demeurant, ce discours ne reflète qu’en partie la situation des banques.En fait, même si une plus grande dynamique en matière de mise en œuvre d’actions de modernisation est observée, les banques publiques sont loin d’avoir opéré leur mue. Les faits restent têtus. La saga des scandales bancaires se poursuit, mettant à nu les insuffisances du contrôle interne. Les établissements bancaires continuent à souffrir d’une insuffisante capacité d’analyse des dossiers de crédits. L’octroi de prêts s’effectue toujours sous injonctions. L’accueil de la clientèle, encore déficient, montre incontestablement que la réforme piétine, qu’elle s’assimile encore à de la cosmétique. Les insuffisances du système bancaire algérien invitent plutôt à la retenue. Qu’on ne s’y trompe pas, la réforme bancaire ne se réduit pas à la mise en place d’un système moderne de paiement, ni à la privatisation de certaines banques. Elle englobe le management des établissements, un nouveau modèle de conseil d’administration, le développement tous azimuts de la formation, une diversification du paysage bancaire, une fonction d’intermédiation beaucoup plus efficiente, un système plus concurrentiel où l’État s’abstient d’interférer dans la gestion des établissements bancaires.Dans le discours officiel, la recapitalisation inéluctable des banques publiques est de surcroît occultée. En butte à l’ampleur des créances non performantes, ces dernières, faute d’un assainissement, limitent leur allocation de crédits, au détriment de la création de richesses et d’emplois. En somme, toutes ces contraintes font que les banques ne jouent pas pleinement leur rôle de catalyseur de l’économie. Sur ce plan, l’État hésite à leur appliquer une thérapie efficace, alors qu’il dispose de ressources financières colossales. De telles tergiversations aggravent finalement le coût des réformes. Les contribuables paieront-ils encore une fois la facture ? K. R.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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