Affaire de l’autoroute Est-ouest , Les avocats de M. Addou dénoncent sa détention arbitraire

Liberte; le Dimanche 18 Decembre 2011
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IIs affirment que leur mandant a été victime de dérives procédurales graves. Ils exigent l’application de la loi qui autorise sa libération. Ils comptent saisir les instances internationales après avoir épuisé les recours nationaux par la saisine du premier magistrat du pays.“Le dossier de l’autoroute Est-Ouest est une coquille vide. Les chefs d’inculpation sont sans fondement. Et puis, il n’y a pas de partie civile car il n’y a pas eu de dépôt de plainte. Il n’y a pas d’expertise, et l’État n’a subi aucun préjudice financier”, a soutenu, hier, lors d’une conférence de presse, Me Sidi-Saïd Samir. Au-delà, cet avocat et son confrère Me Sidhoum se sont insurgés contre les abus de justice dont a été victime leur mandant Addou Tedjeddine, détenu à la prison de Serkadji depuis 26 mois. Ils ont d’abord récusé les conditions d’arrestation de cet homme d’affaires, sa garde à vue étalée sur 19 jours sans demande officielle du parquet et sa mise sous mandat de dépôt depuis fin septembre 2009, alors qu’il devait bénéficier du non-lieu dès lors que la chambre d’accusation a décriminalisé les accusations portées contre les deux sociétés — canadienne et portugaise — avec lesquelles M. Addou a conclu un contrat de prestation de services non techniques. Il aurait dû, selon ses avocats, obtenir au moins la liberté provisoire pour vice de procédure. La chambre d’accusation a dépassé, en effet, de 20 jours  le délai réglementaire de quatre mois qui lui est imparti pour statuer sur le fond du dossier. “Quelques jours après qu’on nous a notifié le refus de la mise en liberté provisoire pour notre mandant, trois autres personnes, impliquées dans l’affaire avec les mêmes chefs d’inculpation, ont eu la liberté d’office. Je suis heureux que ces personnes soient libres. Cela prouve que la justice avance. Elle recule, par contre, pour notre client. On applique la politique de deux poids, deux mesures”, a tonné Me Sidi-Saïd. Me Sidhoum a précisé au passage que les quatre chefs d’inculpation dont est accusé M. Addou, à savoir blanchiment d’argent, corruption, trafic d’influence et association de malfaiteurs, ne tiennent pas la route, du moment qu’il n’est pas fonctionnaire et qu’il avait un contrat en bonne et due forme avec les deux groupes étrangers pour une assistance logistique. Ces deux sociétés n’ont pas obtenu de marché dans la construction de l’autoroute Est-Ouest, a précisé le juriste. Elles ont été, d’ailleurs, acquittées pour les chefs d’inculpation relatifs à l’association de malfaiteurs et blanchiment d’argent. Il est inconcevable que ces accusations soient maintenues pour l’homme d’affaires algérien. Les deux avocats ont souligné, par ailleurs, que leur client a été auditionné, après sa garde à vue, par le procureur de la République à 19h45 et le juge d’instruction à 4h du matin. Ce qui augure, de leur point de vue, un retour vers la justice de nuit. Comme les requêtes introduites auprès de la Cour suprême sont restées sans réponse, le collectif de défense a adressé une lettre ouverte au premier magistrat du pays, dans laquelle ils dénoncent ces dérives procédurales et demandent l’application des lois, soit la libération de M. Addou. Si cette action n’est pas fructueuse, il saisira les instances internationales, notamment onusiennes, sur la détention arbitraire de son mandant. S. Hammadi

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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