Application du cahier des charges relatif à l’importation des véhicules, Le gouvernement fait marche arrière

Liberte; le Lundi 18 Mai 2015
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Les véhicules commandés et dont les opérations d’importation ont fait l’objet d’une domiciliation bancaire avant le 15 avril seront livrés à leurs clients.

Soulagement pour les acquéreurs de véhicules neufs, dont plus de 70% avaient versé la totalité de la somme durant la période allant du mois de mars à ce jour et qui, comble de malchance, ne pouvaient être livrés, du fait de la promulgation du décret portant cahier des charges relatif à l’importation des véhicules.
Le gouvernement vient de réviser l’une des dispositions du décret, dans le sens de démêler une situation qui tendait à devenir inextricable. En effet, hier, le gouvernement a annoncé que les véhicules commandés durant une période donnée seront commercialisés et, donc, autorisés à entrer sur le sol algérien, et ce, même s’ils ne répondent pas aux nouvelles exigences du cahier des charges, par ailleurs très controversé. Un décret ministériel a été signé et promulgué en date du 13 mai.
“Les véhicules automobiles, dont les opérations d'importation ont fait l’objet d’une domiciliation bancaire avant le 15 avril, ne sont pas concernés par les dispositions de l’article
23 du cahier des charges prévu à l’article 3 ci-dessous”, stipule le nouveau décret. L’article 3 auquel fait référence le nouvel arrêté ministériel du 12 mai indique que “les points concernant le contrôle électronique de stabilité (ESC, ESB) et les deux airbags latéraux cités au niveau de l’article 23 du cahier des charges fixant les conditions et modalités d'exercice de l’activité des concessionnaires de véhicules automobiles, remorques et semi-remorques neufs (...) sont supprimés”. En ce sens, il faut aussi rappeler que l’alinéa 1, désormais modifié de l’article 2 de l’arrêté de mars dernier, indiquait que “les commandes véhicules automobiles neufs passées et ayant fait l’objet d'une ouverture d’une lettre de crédit avant la date de signature du présent arrêté ne sont pas concernés par les dispositions de l’article 23 du cahier des charges”. Du coup, le gouvernement a fait marche arrière et autorise, enfin, les concessionnaires automobiles à faire écouler ces véhicules bloqués aux ports de Djen Djen (Jijel) et Mostaganem. La décision, qui a ainsi contraint le gouvernement à assouplir sa démarche vis-à-vis des concessionnaires automobiles, viendrait de la présidence de la République qui a diligenté une enquête sur l’impact du cahier des charges sur la capacité des ménages à acquérir un véhicule. Le gouvernement s’est retrouvé dans l’obligation de corriger sa décision, certainement, pas suffisamment mûrie. Une décision qui a provoqué le courroux des clients et des concessionnaires qui ont commencé le remboursement des commandes et procédé aux compressions des effectifs. Il faut savoir que depuis la fameuse lettre adressée par l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (Abef) aux banques de geler les lettres de crédit des concessionnaires et de bloquer les importations, la situation a connu un pourrissement, avant de prendre une tournure politique et diplomatique. En ce sens, des concessionnaires étaient contraints de saisir des chancelleries pour sensibiliser le gouvernement algérien à revenir sur sa décision, alors que des délégations ne cessaient d’affluer vers les ministères chargés de ce secteur. Entre-temps, les concessionnaires qui avaient de la marchandise en stock ont procédé à un déstockage massif, avec des augmentations substantielles des prix.

F.B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid BELGACEM

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