Après l’annulation des visas aux touristes étrangers, Le spectre d’une autre année blanche plane sur Tamanrasset

Liberte; le Mercredi 14 Decembre 2011
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Depuis le lancement de la saison touristique 2011-2012, le 16 octobre dernier, les autorités locales et les agences de voyages n’ont pas lésiné sur les moyens  pour que la capitale de Tin-Hinane retrouve sa vocation touristique d’antan. Des sommes non moins importantes ont été dépensées, notamment pour l’installation de camps de toile et la réhabilitation des sites touristiques. Une vaste opération de nettoyage des sites a été ainsi réalisée et une importante campagne médiatique a été également menée pour garantir la réussite de cet événement après une année de disette. Les déclarations rassurantes du ministre du Tourisme quant à la promotion du tourisme saharien ont encore davantage poussé les opérateurs à mettre les bouchées doubles pour la mise à profit des potentialités existantes et à investir dans la promotion de la culture touristique d’une région dont 80% de la population se nourrissent des activités touristiques. Toutefois, l’annulation des visas aux touristes et tour-opérateurs étrangers sans en expliquer les raisons a fait avorter tous ces efforts et laissé comprendre aux responsables des agences touristiques que tout ce qu’on leur avait promis n’est qu’un miroir aux alouettes. Le projet de développement du tourisme saharien n’est, en fin de compte, qu’une chimère. Un grand mensonge validé par le mutisme des hautes autorités du pays. “Le ministre a menti avec cette histoire de mettre le paquet pour le développement et la promotion du tourisme saharien. Ce n’est qu’un leurre finalement. On y avait cru pourtant. Chaque année, le même scénario se reproduit. On a vécu toute une décennie sans qu’un touriste ose venir visiter la région. On a compris pourquoi. On a interdit les sites touristiques après le rapt des touristes étrangers en 2003. On a également compris pourquoi. On a fermé les circuits touristiques Tamanrasset-Djanet en février 2008 ; on s’était dit qu’il était question de sécurité nationale. On a interdit les sites de l’Ahnet et du Tassili en février 2010, on a tout de même tenu le coup. C’est quoi le problème cette année ?” s’interroge le responsable de l’agence de voyages Issalane, Abdelkader Regagda, avant de fulminer :  “On en a assez de cette histoire de sécurité. Il y a une main étrangère derrière ce sabotage, puisqu’à chaque saison touristique, on débite les mêmes salades et âneries.” La déception est grande chez les responsables des autres agences de voyages qui ne savent plus quoi dire ni comment réagir aux appels des touristes étrangers avec qui ils ont programmé déjà des circuits de 10 à 20 jours dans des sites pourtant autorisés et hautement sécurisés. “Tous nos projets sont tombés à l’eau. Aujourd’hui, j’ai 12 touristes de nationalités allemande, suisse, italienne et espagnole qui ont renoncé à leur voyage après l’annulation de leurs visas. Le pire est qu’ils nous appellent pour savoir les causes de cette décision farfelue que nous-mêmes ne connaissons pas malheureusement”, se désole-t-on. Cependant, et de l’avis du directeur du tourisme de la wilaya, rien n’est encore officiel. “Nous n’avons reçu aucun écrit de la tutelle. Nous continuons à recevoir des touristes, tant nationaux qu’étrangers. Nous avons jusque-là enregistré beaucoup de demandes d’inscription aux circuits touristiques prévus pour cette saison, notamment Assekrem et Afillal”, a-t-il dit.  R. K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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