Après la crise des écoles privées, Benbouzid crtitique les pressions françaises

Liberte; le Samedi 18 Mars 2006
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Le ministre de l’Éducation réfute les allégations selon lesquelles le gouvernement français serait intervenu dans cette affaire.Dix jours après la reprise des cours dans les 42 établissements ayant été ciblés par une décision de fermeture le 26 février dernier, le ministre de l’éducation apporte la mise au point suivante : le choix de leur accorder un délai supplémentaire, jusqu’à la fin de l’année pour se conformer à la loi, relève d’une “décision algérienne”. “Il n’y avait aucune pression de l’extérieur pour amener le ministère à prendre une telle décision”, corrige-t-il. Ce feuilleton, qui a tenu en haleine l’opinion nationale pendant une semaine, était géré à coup de communiqués par les services du département de l’éducation. La précipitation et la fermeté, ayant distingué la conduite de la tutelle, ont mis en émoi les parents des élèves dont l’affolement et l’indignation ont trouvé écho outre-Méditerranée. Très rapidement, les médias français se sont saisis du dossier, faisant enfler la polémique autour des desseins ayant suscité la fermeture des établissements privés. Leur implication dans le débat pesait sur des soupçons de francophilie dont le pouvoir algérien se serait rendu coupable sous la pression des islamistes ou dans l’intention délibérée de leur accorder des privilèges. L’injonction faite aux directeurs des écoles de prodiguer leur enseignement en arabe, et plus généralement de s’adapter aux programmes officiels, selon un cahier des charges très drastique, accréditait leurs allégations. Prise en charge par les politiques français, dont des députés, l’affaire a atterri au gouvernement. Officiellement, celui-ci a refusé néanmoins de prendre position. Dans une déclaration, le porte-parole du Quai d’Orsay a évoqué “un problème interne” qui ne concerne pas la France. Mais en dépit de cette neutralité affichée, une rumeur tenace persiste à faire croire que l’Élysée ou Matignon sont intervenus auprès des autorités algériennes pour rouvrir les écoles. Des “dires” qui contraignent les responsables algériens à des démentis répétitifs. Dans son discours prononcé le 8 mars dernier à l’occasion de la journée internationale de la femme, le président Bouteflika a clairement laissé entendre que la décision de rouvrir les établissements émane exclusivement de lui. “Il est inutile que je dise que j’ai eu à intervenir personnellement dans ce dossier parce que je ne suis pas de ceux qui ferment une école”, a-t-il soutenu. Montrant qu’il est le seul maître à bord, il a enjoint aux responsables de se conformer à la loi “qui sera appliquée fermement et dans toute sa rigueur”. “Nous avons donné suffisamment de temps aux gens pour régulariser leur situation avec les autorités, mais leur négligence nous pousse à douter de leurs intentions !” observait-il. Lui emboîtant le pas, le ministre de l’éducation a bien précisé jeudi dernier qu’aucune marche arrière n’est envisagée, sous quelque pression que ce soit. “L’Algérie a recouvré son indépendance en 1962 et n’a aujourd’hui de leçons à recevoir de quiconque. Personne ne peut gérer les affaires internes du pays mieux que ses propres enfants”, a-t-il asséné en réponse à des questions de journalistes au cours d’une visite dans les établissements publics de la capitale à l’occasion de la célébration de la journée internationale de l’arbre. Dans une ultime sommation, il a rappelé qu’un “délai exceptionnel” est accordé jusqu’à juin aux responsables des écoles privées pour régulariser leur situation. Au-delà, des inspections sont investies d’une mission de contrôle de la langue d’enseignement et de l’application des programmes officiels. Une marge d’autonomie dérisoire est concédée aux directeurs voulant introduire des matières spécifiques, sous réserve toutefois du consentement du ministère.SAMIA LOKMANE

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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