Arrachage de plusieurs hectares de pinèdes, Les associations écologistes d’Oran déposent plainte

Liberte; le Lundi 29 Decembre 2014
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Cette affaire devra trouver son épilogue devant la justice, puisque le collectif des huit associations a mandaté un avocat pour faire cesser les travaux et tenter de préserver le reste de la pinède.
Après le combat judiciaire mené en 2013 pour sauver la forêt de Canastel, à l’est d’Oran, de la prédation de promoteurs immobiliers et de particuliers, voici que 2014 s’achève sur une nouvelle bataille à mener pour les associations écologistes d’Oran. Les walis passent mais les pratiques semblent les mêmes, comme l’ont découvert huit associations regroupées en collectif, ayant constaté la destruction et l’arrachage, à coups de bulldozers, de plusieurs hectares de pinèdes, des arbres centenaires, se trouvant dans l’enceinte de l’institut de météorologie.
Cette opération, dont le maître d’ouvrage est la direction des travaux publics, a été justifiée par le besoin de réaliser un parking destiné au nouveau siège de la daïra d’Oran se trouvant juste en face, de l’autre côté de la pénétrante express. Tout dans cette nouvelle affaire d’atteinte à un espace vert, un patrimoine forestier collectif, est effarant et met en relief une gestion des plus “approximatives, à géométrie variable et le fruit du bricolage”, nous diront plusieurs représentants du collectif des associations écologistes.
Et pour cause, l’emplacement même du nouveau siège de la daïra est des plus inappropriés, puisque l’accès est dépourvu de places de stationnement, les usagers très nombreux sont contraints de traverser la voie express empruntée quotidiennement par les camions se rendant où sortant du port d’Oran, sans compter le trafic automobile dense. Plus grave, cette bâtisse, au départ, devait abriter l’APW, puis on ne sait par quel miracle de la gestion locale, sa destination deviendra celle du nouveau siège de la daïra d’Oran.
D’où le fait que ni parkings ni passage piéton n’ont été prévus. D’ailleurs, quotidiennement, les citoyens risquent leur vie en traversant la voie express pour accéder à ce siège. Aujourd’hui, la justification d’arracher des dizaines d’arbres centenaires pour y ériger un parking qui devra être suivi obligatoirement d’une passerelle ne tient pas “la route”, nous disent les militants associatifs. “Il y avait d’autres solutions, moins coûteuses en termes de préservation des espaces verts. Des terrains mitoyens à la daïra ou au site massacré pouvaient faire l’affaire, mais voilà le résultat du bricolage”, ajoute l’un des acteurs du mouvement associatif. Cette affaire devra trouver son épilogue devant la justice, puisque le collectif des huit associations a mandaté un avocat pour faire cesser les travaux et tenter de préserver le reste de la pinède. La question est de savoir comment l’administration locale va réagir et osera-t-elle, comme l’année passée, suspendre l’activité d’associations agissant pour le bien collectif ?

D. L.

Categorie(s): ouest

Auteur(s): LOUKIL D

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