Audition de l’ex-directeur de l’école de Police d’Aïn Benian, Le commissaire et ses milliards

Liberte; le Samedi 16 Mai 2015
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Nommé à la tête de cette école en 1991, il a dû s’expliquer trois heures durant sur ses rapports ambigus avec Khalifa Bank. Il a placé dans cette banque 9 millions de dinars avec un taux d’intérêt de 16%.
Sa fortune ne se chiffre pas seulement en dinars, mais aussi en devises et se compose de plusieurs biens immobiliers. Le procureur général en énumère 12. Son “butin” en monnaie étrangère, il le gardait dans la Société marseillaise de crédit où il recevait avant sa bourse de stagiaire. À un moment, il voulait tout rapatrier pour sa retraite. Il a appris par le directeur de la Caisse des abattoirs que Khalifa Bank avait une représentation à Paris par l’intermédiaire de laquelle il pouvait faire rentrer son argent. La représentation parisienne de Khalifa lui atteste du dépôt de 609 000 euros dans ses caisses.
Il y a eu, par la suite, la signature de trois conventions portant sur des sommes de 1,5 million de francs français, 1,4 million de francs et 150 000 euros. Le prévenu a affirmé qu’il n’était pas au courant que son argent avait été transféré sur un compte que détenait Khalifa Bank dans une banque domiciliée à Sao Paolo.
L’ex-directeur de l’école de police de Aïn Benian a eu à s’expliquer, par ailleurs, sur le nantissement pour le compte d’une société algéro-espagnole activant dans l’agroalimentaire qui n’arrivait pas à s’acquitter de sa dette auprès de Khalifa Bank.
En 2003, alerté par les problèmes que commençait à connaître Khalifa Bank, Foudad tente de récupérer son argent. Son ami, le directeur de la Caisse des abattoirs, lui propose une solution.
L’ancien directeur de l’école de police de Aïn Benian devait transférer de son compte 52 millions de dinars  sur celui d’une entreprise algéro-espagnole basée à Oran. Les représentants de ladite entreprise devaient, à leur tour, établir une reconnaissance de dette devant le notaire. Mais le transfert de cette somme n’a jamais eu lieu.
L’ancien directeur de l’école de police de Aïn Benian soutient qu’à l’agence de Khalifa des Abattoirs, on lui a exhibé un document prouvant la réception de cette somme. Mais il n’en détient pas de copie. Selon l’arrêt de renvoi, un certain Bourayou, représentant de la société algéro-espagnole, est allé voir Foudad à l’école de police, en compagnie du directeur de l’agence des Abattoirs, pour négocier la transaction. Foudad accepte de couvrir la dette de 52 millions de dinars.
Le procureur général lui fait remarquer que pour un commissaire principal de police et donc un simple fonctionnaire, il avait une fortune considérable. Il l’accuse d’avoir bénéficié de lots de terrain en usant du cachet de l’école de police.
Il lui rappelle qu’il a même écrit, en usant de ce même cachet, à l’ex-ministre français de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, pour bénéficier d’une carte de séjour de 10 ans. Cette lettre non envoyée a été trouvée lors de la perquisition dans son bureau.
Interrogé sur le dépôt de 25 milliards de centimes de la mutuelle de la police à Khalifa Bank, il déclare que cette prérogative relevait du conseil d’administration sur lequel il n’a aucun pouvoir.
Foudad reproche, à son tour, au liquidateur de Khalifa Bank d’avoir détruit le PV résumant les détails de régularisation de sa situation établie par son adjoint Tidjani. “J’ai demandé audience auprès de l’administrateur qui m’a orienté vers le liquidateur ; j’ai été reçu par son adjoint en octobre 2003. J’ai encore tenté de voir Batci et ce jour-là, Tidjani lui a lu le PV des opérations. Batci l’a tout simple déchiré.”

N. H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nissa Hammadi

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